Trois ordres professionnels vont enquêter sur les CHSLD décimés

L’enquête conjointe visera à évaluer la qualité des soins qui sont dispensés par les membres de ces ordres professionnels, tant dans les centres privés que publics.
Photo: Renaud Philippe Archives Le Devoir L’enquête conjointe visera à évaluer la qualité des soins qui sont dispensés par les membres de ces ordres professionnels, tant dans les centres privés que publics.

Des syndicats de préposés aux bénéficiaires demandent carrément au gouvernement Legault de fixer leurs conditions de travail dans les résidences privées pour personnes âgées.

«Il trouve qu'on n'est pas assez payés? Bien qu'il les décrète nos conditions de travail! La balle est dans le camp du gouvernement», s'est exclamée en entrevue mardi Sylvie Nelson, présidente du SQEES.

Ce sont deux grands syndicats affiliés à la FTQ - le Syndicat québécois des employés de service (SQEES) et l'Union des employés de service (UES) - qui ont adressé une demande officielle en ce sens au ministre du Travail et de l'Emploi, Jean Boulet.

Le SQEES est le plus grand syndicat de préposés aux bénéficiaires dans les résidences privées pour personnes âgées au Québec. Il en représente 10 000 dans le privé, voire 12 000, si on inclut les travailleurs autres que préposés aux bénéficiaires dans ces résidences.

Dans le privé, les préposés aux bénéficiaires gagnent souvent 13 $ à 14 $ l'heure.

Ils viennent d'obtenir une prime de Québec, de 4 $ l'heure, mais celle-ci est temporaire pour la durée de la crise du coronavirus. Et le premier ministre François Legault a affirmé publiquement que même à 17 $ l'heure, ceux-ci n'étaient pas suffisamment payés encore, compte tenu de la lourdeur de leurs tâches.

«Des peanuts»
«On se fait offrir des peanuts» par les employeurs, se plaint Mme Nelson.

Le SQEES et l'UES ont donc décidé de prendre au mot le premier ministre Legault, qui a répété encore lundi qu'il fallait rehausser la rémunération des préposés aux bénéficiaires, pour aider à contrer la pénurie.

Il s'agirait pour Québec d'adopter un décret de convention collective pour ces travailleurs, qui oeuvrent dans les résidences privées pour aînés (RPA), les CHSLD privés, les ressources intermédiaires, les ressources de type familial et les centres d'hébergement privés.

La demande avait déjà été adressée de manière informelle au ministre du Travail. Interrogé par La Presse canadienne le 9 janvier dernier, le ministre Boulet avait répondu qu'il devait, pour procéder ainsi, obtenir l'accord des employeurs privés.

Un décret de convention collective touche tant les syndiqués que les non-syndiqués. Il en existe 15 au Québec, notamment dans l'entretien d'édifices publics et dans les agences de sécurité. Ils sont ensuite gérés par des comités paritaires.

«On a déjà approché les employeurs et eux n'ont aucun intérêt à demander un décret» qui rehausserait le salaire de leurs employés, a rapporté Mme Nelson.

Il faut donc que le gouvernement leur impose des conditions minimales, par le biais d'un tel décret, plaide la dirigeante syndicale.

Dans les résidences privées pour aînés, «ils l'ont l'argent pour payer nos travailleurs; il y a beaucoup d'argent qui se fait sur le dos des personnes âgées», a tonné Mme Nelson.

La loi dit spécifiquement qu'«il est loisible au gouvernement de décréter qu'une convention collective relative à un métier, à une industrie, à un commerce ou à une profession, lie également tous les salariés et tous les employeurs professionnels du Québec, ou d'une région déterminée du Québec, dans le champ d'application défini dans ce décret».

La loi mentionne aussi que «toute partie à une convention peut demander au gouvernement l'adoption du décret».

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