Les femmes suivies à l’Hôpital général juif pourront accoucher ailleurs

Les femmes qui attendent un enfant pourront compter sur le soutien d’un accompagnant au moment de leur accouchement, à moins de donner naissance à l’Hôpital général juif de Montréal (HGJ) ou de mettre leur bébé au monde par césarienne dans certains hôpitaux du Québec.

Le premier ministre François Legault a annoncé lundi qu’il permettra aux femmes enceintes suivies à l’HGJ d’accoucher dans un autre centre hospitalier, afin qu’elles puissent contourner l’interdiction d’être accompagnées lors de leur accouchement. « À part l’Hôpital général juif, vous allez pouvoir amener votre conjoint avec vous lors de l’accouchement », a-t-il affirmé lors de son point de presse quotidien. « Je veux être très clair : il n’y a aucune intention du gouvernement d’étendre ces interdictions dans les autres hôpitaux », a-t-il souligné.

Une exception demeure cependant. En raison de la pandémie, les hôpitaux affiliés au CHU de Québec – Université Laval n’acceptent « aucun conjoint en salle de césarienne », a confirmé lundi le porte-parole Bryan Gélinas. En Outaouais et au CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal, la présence d’un accompagnant est évaluée au cas par cas. En Abitibi-Témiscamingue et au CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal, des mesures de restriction lors de césariennes ne sont appliquées que dans les cas où les femmes sont atteintes de la COVID-19 ou à risque de l’avoir contractée.

Le quart des naissances au Québec ont lieu par césarienne, selon les données les plus récentes de l’Institut canadien d’information sur la santé.

Des « corridors de service »

En marge de l’annonce du premier ministre, le ministère de la Santé a confirmé travailler à développer des « corridors de service » afin que les femmes suivies à l’HGJ puissent accoucher ailleurs, en compagnie d’un partenaire.

 

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« Le gouvernement s’est responsabilisé pour trouver des solutions. Jusqu’à maintenant, c’était aux femmes de trouver des solutions », a expliqué la présidente du Regroupement Les sages-femmes du Québec, Mounia Amine. Elle s’est dite « contente » de constater « qu’un premier pas a été fait », mais a ajouté que le gouvernement Legault devait tout de même s’atteler à lever la directive de l’HGJ. « Le gouvernement doit répondre aux problématiques sous-jacentes », a-t-elle fait valoir. Ailleurs dans le monde, des établissements permettent à des femmes qui ont contracté la COVID-19 d’être accompagnées lors de leur accouchement, a-t-elle souligné.

En vertu d’une entente, les femmes suivies à la maison de naissance de Côte-des-Neiges sont transférées à l’HGJ si des complications surviennent lors de leur accouchement. « Les femmes ne veulent pas ne pas accoucher à la maison de naissance, mais elles craignent le transfert », a expliqué la présidente de l’Ordre des sages-femmes du Québec, Julie Pelletier. « On travaille rapidement à en trouver un autre hôpital de référence », a-t-elle dit.

Le cas de l’Hôpital général juif de Montréal est particulier, et la décision qui y a été prise ne devrait pas se répéter, espère-t-on au cabinet du premier ministre. Des patients potentiellement infectés à la COVID-19 y auraient menti au sujet de leur état, provoquant un vent de panique chez le personnel hospitalier. Pour cette raison, le premier ministre Legault a dit lundi estimer que l’hôpital avait « de bonnes raisons » d’interdire la présence de partenaire au moment de l’accouchement.