Les intervenantes de la DPJ sous protégées pour veiller sur les enfants

La présidente de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, Régine Laurent
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne La présidente de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, Régine Laurent

La commission Laurent souhaite que les professionnelles puissent continuer d’intervenir rapidement en bénéficiant de matériel sanitaire adapté à l’urgence actuelle.

La présidente de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, Régine Laurent, se dit inquiète de voir les spécialistes vouées à la protection de l’enfance au Québec ne pas être parfaitement à même de faire leur travail dans le cadre de cette crise sanitaire faute d’équipement approprié.

Dans une entrevue au Devoir, elle indique qu’« il faut faire tous les efforts pour que les intervenantes soient protégées et qu’elles puissent protéger nos enfants ».

Le Devoir a appris que plusieurs intervenantes liées au travail de la DPJ ne sont pas à même d’assurer leur sécurité sanitaire ni celle des gens chez qui elles se rendent lors de nécessaires visites à domicile. Les équipes ne bénéficient pas d’un équipement adapté.

Certaines équipes régionales de la DPJ ne peuvent pour l’instant compter que sur « deux kits de protection par équipe pour faire les visites à domicile », ce qui limite les interventions aux seules urgences.

La commission Laurent affirme être au courant de ce problème lié au manque d’équipement sanitaire pour les intervenantes.

Régine Laurent a répété au Devoir qu’il faut que les intervenantes puissent rapidement pouvoir intervenir, dans l’intérêt public qu’on doit porter à l’enfance. « Nous avons reçu plusieurs avis de professionnels. Et c’est pour cela que nous avons décidé de parler aujourd’hui. »

Du côté de l’Ordre des travailleurs sociaux, la présidente, Guylaine Ouimette, s’est adressée à ses membres, qui, par centaine, se disent inquiets. Malgré la crise, regrette-t-elle, « certains gestionnaires semblent privilégier la ligne dure, la productivité à tout prix, les statistiques, la diminution des listes d’attente… […] Le business as usual serait le mot d’ordre dans plusieurs secteurs. » Elle observe qu’une « absence de mesures sanitaires et de protection personnelle » demeure un problème récurrent dans l’exercice du travail de ses membres.

Intervention exceptionnelle

Régine Laurent est sortie de la réserve à laquelle est soumise la commission en raison des circonstances exceptionnelles.

« À la commission, nous avons des limites. C’est parce que nous sommes en crise et que la situation est grave que nous croyons bon intervenir. J’ai discuté avec le ministre [de la Santé et des Services sociaux] Lionel Carmant. Je peux vous dire qu’il affirme être en train de travailler à trouver des solutions. Je comprends que nous sommes d’accord qu’il y a des enfants qui ne doivent pas passer sous le radar. »

En raison de la crise et de la fermeture de la plupart des services publics, à commencer par l’école, la présidente Laurent se dit très inquiète du sort que pourraient connaître plusieurs enfants en ces temps troublés si toute la population ne se fait pas plus vigilante que jamais à leur égard. Elle invite tout un chacun à se soucier de la condition de vie des enfants en cette période exceptionnelle de confinement.

Les objectifs de la commission sont maintenus.

« Il n’est pas exclu que nous fassions des recommandations plus tôt. Ce n’est pas vrai que cette pandémie va faire reculer la commission quant à l’importance de s’occuper de nos enfants. Je n’ai jamais été plus déterminée à aller plus loin encore. »

Régine Laurent se fait pressante auprès du ministre Carmant afin qu’il trouve rapidement des moyens pour soutenir au mieux les familles afin de minimiser les répercussions néfastes de la crise sur les enfants les plus vulnérables de notre société.