Les réponses à vos questions sur le coronavirus

Photo: Associated Press

Vous avez été nombreux à nous envoyer vos questions à propos de la COVID-19. Notre équipe de journalistes se donne pour mission d’y répondre de la façon la plus claire possible. Faites-nous parvenir vos questions à l'adresse suivante: coronavirus@ledevoir.com

La COVID-19 frappe-t-elle davantage les femmes ou les hommes ?

Au Canada, 55% des cas de COVID-19 seraient des femmes et 45% seraient des hommes. Elles représentent 52% des décès, contre 48% pour les hommes. Au Québec, l’Institut national de santé publique (INSPQ) indique que les femmes représentent 60,8% des cas confirmés (39,2% pour les hommes), mais aussi 53% des décès (47% pour les hommes). Cette différence observée entre les hommes et les femmes s’expliquerait par plusieurs facteurs.

   

Nouvelle maladie inflammatoire grave chez les enfants ?
La question pourrait faire craindre le pire, mais d’entrée de jeu, les experts n’ont pas encore établi de lien entre la COVID-19 et une maladie inflammatoire qui touche les enfants dont des cas ont été recensés dans certains pays confrontés à la pandémie.
Selon les informations disponibles, les jeunes patients seraient âgés de 2 à 18 ans. Certains symptômes font penser au syndrome du choc toxique ou à la maladie de Kawasaki, qui touche les enfants et entraîne une inflammation des vaisseaux sanguins.
 


Après des semaines de confinement, quelle est l’origine des nouvelles infections?
Un document du gouvernement fédéral offre une partie de la réponse. On y examine plus de 25 000 cas d’infections au SRAS-CoV-2 pour lesquels l’Agence de santé publique du Canada (ASPC) dispose de données détaillées.

En début d’épidémie, une grande proportion des malades étaient infectés avait un lien avec un voyage à l’étranger. Depuis le début du mois d’avril, l’immense majorité des cas proviennent d’une infection dans la communauté.

Dans ce document de l’ASPC, toute contamination qui n’émane pas directement de l’étranger tombe dans la catégorie « transmission communautaire ».

L’immense majorité des cas de transmission communautaire est le fait d’un contexte d’exposition inconnu de l’ASPC. 

Pour d’autres cas, les autorités ne disposent tout simplement pas d’information. De nombreux cas imputables à de la transmission dans un CHSLD ne seraient pas rapportés en tant que tels dans ce bilan.

Pour jauger le bien-fondé des décisions de déconfinement, il sera essentiel d’en savoir plus sur les milieux d’exposition dont sont issus les cas continuant à être déclarés.


Une baisse des émissions de GES bénéfique pour l’environnement ?

Le 22 avril avait lieu le 50e Jour de la Terre, avec 4,5 milliards d’êtres humains confinés. Premier pays frappé par la COVID-19, la Chine a vu ses émissions de gaz à effet de serre (GES) reculer temporairement de près de 25 %, en raison notamment des effets de la pandémie sur le transport, mais aussi sur la production industrielle. À l’échelle de la planète, on s’attend aussi à une réduction pour cette année, même si celle-ci est pour le moment difficile à chiffrer avec précision.

   

La nicotine comme arme contre la COVID-19 ?

Des chercheurs français viennent de publier un article dans les Comptes rendus de biologie de l’Académie des sciences qui conclut que les fumeurs seraient sous-représentés parmi les patients atteints de la COVID-19 ayant nécessité une hospitalisation.

   

Combien de décès la grippe saisonnière a-t-elle causés cette année ?

Chaque année, environ un milliard de personnes dans le monde souffrent de la grippe. Du nombre, l’OMS estime qu’entre 290 000 et 650 000 malades perdent la vie. L’agence ne fournit cependant pas de bilan détaillant le nombre de décès pour chaque saison de grippe. Dans le cas de la COVID-19, on recense à l’heure actuelle plus de 170 000 décès sur la planète.

   

Pendant combien de temps une personne guérie du coronavirus reste-t-elle contagieuse ?

Au moins 3500 Québécois sont officiellement débarrassés du coronavirus. Mais certaines personnes guéries attendent toujours d'être «blanchies» par les autorités sanitaires. Après la disparition des symptômes, à quel moment le potentiel de contagion d'une personne guérie prend-il fin? La réponse par ici.

   

Similitudes entre la grippe espagnole et la COVID-19 ?

Avec ses millions de décès, la grippe espagnole de 1918-1919 est encore loin devant les dizaines de millier de victimes de la COVID-19. Cependant, « on constate que l’histoire se répète » selon Alain Gagnon, professeur titulaire au Département de démographie de l’Université de Montréal.

   

Les chats peuvent-ils développer le virus et le transmettre ?
 


Quelle est la logique d’un déconfinement ?

Une épidémie prend fin quand le virus est éradiqué ou encore quand une proportion suffisante de la population développe une immunité à celui-ci. L'avenue de l'immunité a été envisagée dès les premiers moments de la flambée en Occident. «Aplatir la courbe», c’est limiter l’afflux de malades dans le système hospitalier afin d’assurer des soins de qualité pour tous. Le déconfinement ne vise pas à redémarrer les activités publiques en évitant absolument la contagion: il s’agit plutôt de laisser aller la transmission du virus de manière contrôlée dans l’attente d’un vaccin.

   

Les déménagements auront-ils lieu le 1er juillet ?

De quoi aura l’air la saison des déménagements l’été prochain? Difficile à dire, mais des citoyens et des groupes de défense des locataires s’inquiètent. Les déménageurs figurent sur la liste des services essentiels au Québec, mais peuvent difficilement faire leur travail sans se rassembler ou se tenir à moins de deux mètres d’autrui. Par ailleurs, plusieurs locataires ne peuvent renouveler leur bail ou en signer un nouveau. D’autres ménages craignent que leur nouvelle maison ne soit pas prête à temps. Selon plusieurs organismes, le gouvernement doit prolonger dès maintenant les baux s’achevant le 1er juillet afin de retarder la journée des déménagements.

   

Pourquoi les enfants sont-ils moins à risque ?

On relève très peu de cas de coronavirus chez les enfants. Au Québec, seuls 4,2% des cas sont recensés chez les enfants de 9 ans et moins. Les personnes de 10 à 19 ans représentent seulement 5,5% des cas dans la province. Pourquoi ? C'est difficile à déterminer, mais voici quelques pistes d'explication.

   

Est-il possible de désinfecter un masque N95 ?

Officiellement, aucun procédé n’est recommandé aux établissements de santé du pays pour désinfecter leurs masques N95. Des hôpitaux ont néanmoins commencé à tester des méthodes de désinfection. Des experts de l’Institut de santé publique du Québec (INSPQ) ont même énoncé quelques recommandations en la matière. Les procédés de désinfection doivent éliminer la présence du virus, mais sans réduire la qualité de la filtration ni déformer le masque en vue de son utilisation ultérieure.

   

Comment isole-t-on les patients atteints de la COVID-19 dans les hôpitaux ?

Les patients déclarés positifs à la COVID-19 sont installés dans des chambres à pression négative. Le système de ventilation y aspire l’air et l’évacue dans un réseau indépendant afin de prévenir les fuites vers les autres pièces. Les patients sont placés dans des chambres individuelles. Évidemment, ils ne peuvent recevoir aucun visiteur. Chaque membre du personnel qui pénètre dans les chambres de ces patients porte des gants, une blouse à manches longues, un masque de protection respiratoire N95 et une visière. Le nombre d’intervenants doit être réduit au minimum, et un registre doit consigner leurs allées et venues. Dans la mesure du possible, des équipes œuvrant uniquement aux soins pour les malades atteints de la COVID-19 doivent être constituées. Certains établissements disposent d’ailes entièrement réservées à ces patients.



Quelles raisons sont bonnes pour entrer dans une région à accès limité ?

Certaines raisons sont néanmoins bonnes pour pénétrer à l’intérieur de ces régions. Notamment:

• regagner sa résidence principale (ces personnes doivent ensuite s’isoler durant 14 jours);

• contribuer par son travail au maintien des services essentiels;

• répondre à des besoins humanitaires (par exemple, accompagner un proche mourant);

• recevoir ou prodiguer des soins de santé;

• se conformer à une ordonnance du tribunal;

• permettre l’exercice de droits de garde parentaux.

   

Est-il possible de savoir si une personne a eu la COVID-19 après sa guérison ?

Les tests actuellement utilisés au Canada permettent de détecter la présence du coronavirus dans le mucus ou la salive prélevés chez une personne malade.
D’autres types de tests sont offerts ailleurs dans le monde pour déceler les anticorps spécifiques au SRAS-CoV-2 dans le sang. Ils ne peuvent pas dépister la maladie chez une personne tout juste infectée.

Seules les personnes qui ont combattu la maladie avec succès développent des anticorps, qui leur procurent une immunité contre le virus (dont on ignore la durée).
 



Comment le coronavirus s’en prend-il aux poumons ?

Le virus commence sa course dans le corps depuis la bouche, le nez ou les yeux. Il infecte les cellules des muqueuses de la gorge en s’attachant à des protéines qu’on retrouve à leur surface. Ces enzymes lui servent de point d’entrée dans les cellules, dont il prend ensuite le contrôle afin de se répliquer. Le virus laisse derrière son passage des cellules mortes, mais déclenche aussi une réaction immunitaire.

Si le système immunitaire n’arrive pas à freiner la progression du virus, celui-ci atteint les poumons. La réaction inflammatoire provoque alors le gonflement des voies aériennes inférieures, rendant la respiration plus difficile. Dans les alvéoles, l’accumulation de résidus de cellules et de liquide inflammatoire nuit aux échanges gazeux. L’apport en oxygène est réduit, et le dioxyde de carbone s’accumule dans le sang.

Les respirateurs artificiels permettent alors d’aider le malade à conserver son souffle. Cependant, quand les alvéoles sont trop obstruées, la détresse respiratoire provoque la mort du malade.

   

Y a-t-il des risques d'avoir des tests faussement négatifs ?

Les tests (y compris ceux du Québec) ne sont pas fiables à 100 % et peuvent certainement produire de faux résultats négatifs. Si les symptômes persistent après un test dont le résultat a été négatif, il vaut mieux prendre les plus grandes précautions pour éviter de contaminer autrui.

   

La distance de 2 mètres est-elle sécuritaire ?

Tant que personne ne tousse en direction de votre visage — ce qui n’arrivera pas si vous vous tenez à deux mètres de distance de tout le monde —, vous ne risquez pas de contracter le coronavirus par voie aérienne.

   

Peut-on tuer le coronavirus en congelant un aliment ?

Ce serait une stratégie très mal avisée. Des études portant sur d’autres coronavirus ont montré que ceux-ci peuvent survivre pendant deux ans dans un congélateur à -20 °C. On s’attend à ce que le SRAS-CoV-2 se comporte de la même manière.

   

Pendant combien de temps le coronavirus survit-il sur les surfaces ?

Selon une étude récente, le virus survit jusqu’à trois jours sur certaines surfaces, dont le métal et le plastique.

   

Quels sont les commerces et entreprises considérés comme «essentiels» ?

Le gouvernement Legault a ordonné la fermeture des commerces et entreprises «non essentiels» jusqu'à la mi-avril. Voici ce que cela implique.

   

Le port du masque est-il pertinent ?

Une des fonctions principales du masque est de protéger le personnel médical contre les sécrétions respiratoires que certains patients infectés pourraient projeter sur lui. Le masque peut aussi servir aux personnes infectées ayant des symptômes respiratoires en diminuant la distance que peuvent parcourir leurs sécrétions respiratoires. Par contre, il est absolument inutile pour les personnes saines ne travaillant pas auprès des malades de porter un masque. Ce serait même dommageable, car ces personnes consomment des ressources précieuses, dont le personnel médical a absolument besoin.

   

Que sont ces «produits biologiques» susceptibles de propager le coronavirus ?

Les principaux liquides biologiques qui sont colonisés par les coronavirus sont les gouttelettes que projette une personne lorsqu’elle tousse, éternue et parle. Mais on retrouve aussi des virus dans la salive, les crachats et les larmes. Les explications du Dr Don Vihn, médecin microbiologiste au Centre universitaire de santé McGill.

   

Est-il possible de contracter le coronavirus en consommant des fruits et légumes crus ?

Il est théoriquement possible d’attraper la COVID-19 en consommant un aliment contaminé. Si une personne infectée manipule un aliment, il peut y déposer le virus, qui pourrait y rester actif pendant plusieurs jours. En pratique le risque est toutefois faible. Évidemment, la prudence est néanmoins de mise.

   

En cas de fièvre potentiellement liée à la COVID-19, Advil ou Tylenol ?

Du Tylenol, et voici pourquoi.

   

Pourquoi tant de gens se ruent-ils vers le papier toilette ?

Le caractère difficilement remplaçable du précieux bien a contribué à cette course irrationnelle. Explications de Pascale Brillon, psychologue et directrice du laboratoire de recherche Trauma et résilience de l’UQAM.

   

Comment traverser la crise du coronavirus ?

Poser des gestes positifs et constructifs: se laver les mains, éviter les contacts sociaux, annuler un voyage. Être solidaires envers les plus vulnérables. Maintenir les liens sociaux par des applications vidéo. Faire de l’activité physique. Se distraire, s’amuser, avoir du plaisir. S’informer uniquement auprès de sources fiables. Éviter la surexposition aux informations négatives.

   

Bonus: 6 choses à savoir sur les quarantaines