Hommage aux soignants, première ligne face au coronavirus

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Du personnel infirmier procède à des tests de dépistage de la COVID-19 auprès des enfants à leur arrivée à l’hôpital Sainte-Justine à Montréal.

Ce sont nos « anges gardiens », martèle depuis le début de la crise le premier ministre, François Legault. En cette ère de pandémie mondiale qui n’épargne pas le Québec, les travailleurs de la santé travaillent d’arrache-pied, malgré les risques bien réels de se retrouver eux-mêmes infectés. Le Devoir a voulu leur rendre hommage, immortalisant leur dévouement sur le terrain.

Le personnel soignant, « c’est la prunelle de nos yeux, a lancé vendredi la ministre de la Santé, Danielle McCann. Je veux les remercier aujourd’hui de l’effort considérable qu’ils font et leur dire qu’on est derrière eux », a-t-elle ajouté pendant le point de presse quotidien du gouvernement sur la COVID-19.

C’est la prunelle de nos yeux. Je veux les remercier aujourd’hui de l’effort considérable qu’ils font et leur dire qu’on est derrière eux.

Or, des infirmières et des médecins s’inquiètent. Ils craignent d’être contaminés à leur tour par des patients malades. Surtout que c’est la course présentement dans les hôpitaux du Québec pour aménager des chambres à pression négative. Sans compter les réserves de masques chirurgicaux qui s’amenuisent dans plusieurs groupes de médecine familiale (GMF).

À cet égard, la ministre McCann s’est voulue rassurante vendredi. « On va leur fournir ce dont ils ont besoin, évidemment dans les secteurs critiques, mais partout où c’est requis », a-t-elle insisté.

 
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Janane Maheswaran, résidente aux soins intensifs à l’Hôpital général juif à Montréal

À court terme, une pénurie d’équipement de protection n’est pas prévue. « Dans deux, trois semaines, ça dépend des scénarios qu’on envisage », a toutefois nuancé François Legault, n’écartant pas la possibilité de faire appel au secteur industriel.

Ottawa s’est d’ailleurs entendu avec diverses compagnies, dont des fabricants automobiles, pour que ceux-ci augmentent la production de masques, de respirateurs artificiels et de gel désinfectant au pays, entre autres.

Pendant ce temps, des travailleurs de la santé contractent le nouveau coronavirus. À l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, le chef des urgences a reçu un diagnostic positif de COVID-19. Il s’est depuis placé en isolement chez lui. Au CHUM, un pneumologue a aussi été infecté après avoir examiné des patients. Lui aussi est rentré à la maison.

Photo: Marie-France Coallier Le Devoir «Il y a beaucoup d’appels au 911. Certains cas sont reliés à des crises d’anxiété où le patient croit être atteint de la COVID-19 parce que son voisin a toussé, etc. Il y a beaucoup de stress avec le virus. Ma crainte est que l’on ne soit pas capable d’aplanir la courbe et de nous retrouver à avoir à faire des choix déchirants pour les traitements. Nous, on limite les échanges avec nos parents et nos amis. C’est le strict minimum», dit Mathieu Campbell, paramédic chez Urgences-santé.

Au CHU Sainte-Justine, là encore un membre du personnel a été contaminé, n’ayant d’autre choix que de se placer en quarantaine. Tous ceux qui ont été en contact avec lui (médecins, patients, etc.) ont été contactés par l’établissement, dit-on.

Qu’à cela ne tienne, ce sont des intervenants en moins sur le terrain. Des acteurs essentiels au combat qui doit être mené d’urgence contre ce nouveau virus.

En Chine, où les bonnes nouvelles commencent tout juste à défrayer la manchette, il aurait été impossible de juguler la crise sans le soutien des travailleurs de la santé. Ils ont été des centaines envoyés au front.

Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Denis Dao, pharmacien des soins intensifs à l’Hôpital général juif à Montréal

Dans la ville de Wuhan, épicentre de ce virus découvert en décembre, aucun nouveau cas de transmission communautaire n’a été signalé depuis jeudi. Il y a un mois à peine, les nouveaux cas se comptaient chaque jour par millier.

Pékin a ainsi commencé à renvoyer médecins, infirmières et préposés à la maison. Avec dans certains cas, une cérémonie organisée pour les remercier.

Photo: Marie-France Coallier Le Devoir «C’est un peu le cafouillis à l’hôpital. On délaisse les cas réguliers, chirurgies, etc., pour laisser la place aux urgences reliées à la pandémie. Mon inquiétude, c’est que les citoyens ne respectent pas les consignes», affirme Michel de Marchie, intensiviste à l’Hôpital général juif à Montréal.

2 commentaires
  • Sylvain Fortin - Abonné 21 mars 2020 15 h 17

    Pas si vite

    Les nouveaux héros ou anges gardiens ont pourtant toujours été maltraité dans les processus de renouvellement des conventions collectives. On a déjà oublié le 26 juin 1999, où 47 500 infirmières déclenchaient une grève générale illimitée, qui dura 23 jours. Cette grève demeure une des luttes les plus héroïques de l’histoire du mouvement ouvrier québécois. Les infirmières ont courageusement défié les politiques d’austérité du gouvernement du PQ de Lucien Bouchard (François Legault était ministre de l'Éducation dans ce gouvernement), et ont même défié des lois spéciales pour y arriver. Quand l'épisode du Covid-19 sera derrière nous les bons sentiments et les louanges disparaiteront rapidement. Au gouvernement Legault aussi on aime les anges gardiens pourvu qu'ils ne coûtent rien.

  • Gilles Delisle - Abonné 22 mars 2020 08 h 49

    Est-ce le bon moment pour régler ses comptes avec le gouvernement, actuellement?

    Est-ce que les soldats négocient leurs conditions de travail et leurs salaires, en temps de guerre?