Que sont ces «produits biologiques» susceptibles de propager le coronavirus?

Cette semaine, le premier ministre Legault et le directeur de la santé publique du Québec exhortaient les jeunes à éviter « les échanges de liquides biologiques ». Cette recommandation a été interprétée de diverses manières dans la population. Voici quelques précisions à ce sujet que nous avons obtenues auprès du Dr Don Vihn, médecin microbiologiste au Centre universitaire de santé McGill.

Pouvez-vous préciser quels liquides biologiques peuvent être infectés par le SRAS-CoV-2 ?

Dans le cas des infections affectant les voies respiratoires, comme la COVID-19, les principaux liquides biologiques qui sont colonisés par les coronavirus sont les gouttelettes que projette une personne lorsqu’elle tousse, éternue et parle. Mais on retrouve aussi des virus dans la salive, les crachats et les larmes.

Les larmes peuvent-elles aussi être contaminées ?

En fait, la conjonctive, cette muqueuse recouvrant le blanc de l’oeil et l’intérieur des paupières, et les glandes lacrymales qui sécrètent les larmes constituent aussi une voie d’entrée pour les virus des infections respiratoires, comme le SRAS-CoV-2. Or, les larmes finissent par se retrouver dans les voies respiratoires supérieures en empruntant notamment le canal lacrymal, qui les achemine dans le nez.

De plus, si une personne se frotte les yeux alors que ses mains portent des virus parce qu’elles ont touché une surface contaminée, par exemple, elle pourra alors introduire des virus sur ses muqueuses oculaires. Et inversement, une personne infectée qui se frotte les yeux et touche ensuite à des surfaces susceptibles d’être manipulées par d’autres personnes saines pourra contribuer à la transmission du virus.

Pourquoi nos ados doivent-ils éviter d’avoir des relations sexuelles ?

Parce que la principale voie de transmission du SRAS-CoV-2 est le contact direct. Or, quand des personnes ont des relations intimes, elles ont par le fait même des contacts physiques étroits entre elles. Le fait de s’embrasser peut contribuer à transmettre l’infection.

La transmission du SRAS-CoV-2 ne se fait toutefois pas par le biais des sécrétions génitales et le sang, comme c’est le cas pour le VIH, qui, pour sa part, ne se transmet pas par les sécrétions des voies respiratoires.

Les selles véhiculeraient-elles aussi le SRAS-CoV-2 ?

Certains patients atteints de la COVID-19 ont présenté des symptômes intestinaux, comme une diarrhée. Et il y a des données préliminaires indiquant que le SRAS-CoV-2 est détectable dans les selles de ces patients. Des mesures d’hygiène de base permettent d’éviter une transmission du virus par cette voie.

Le coronavirus est-il présent dans les gouttelettes ou les aérosols ?

Lorsque nous parlons, nous toussons ou nous éternuons, nous projetons des sécrétions biologiques sous forme d’aérosols, mais majoritairement sous forme de gouttelettes, lesquelles sont les principales responsables de la propagation de la COVID-19. C’est en se basant sur le poids et le diamètre de ces gouttelettes, ainsi que la force avec laquelle les gens toussent normalement que l’on a déterminé la distance de deux mètres à maintenir entre les personnes pour éviter les contaminations interhumaines.

Le port du masque est-il pertinent ?

Une des fonctions principales du masque est de protéger le personnel médical contre les sécrétions respiratoires que certains patients infectés pourraient projeter sur lui.

Le masque peut aussi servir aux personnes infectées ayant des symptômes respiratoires en diminuant la distance que peuvent parcourir leurs sécrétions respiratoires.

Par contre, il est absolument inutile pour les personnes saines ne travaillant pas auprès des malades de porter un masque. Ce serait même dommageable, car ces personnes consomment des ressources précieuses dont le personnel médical a absolument besoin. Qui plus est, ces personnes ne seraient pas complètement protégées des aérosols, car les muqueuses des yeux seraient toujours exposées, le masque ne couvrant que la bouche et le nez.