Coronavirus: la famille de la première victime supplie les Québécois de s’isoler

Mariette Tremblay est décédée à l’âge de 82 ans après avoir attrapé le virus au coeur de la pandémie. Sa famille souhaite que son décès puisse aider à sauver des vies.
Photo: Facebook Mariette Tremblay est décédée à l’âge de 82 ans après avoir attrapé le virus au coeur de la pandémie. Sa famille souhaite que son décès puisse aider à sauver des vies.

Elle était une « proie facile » pour ce virus au coeur de la pandémie. Elle avait une santé précaire et des problèmes respiratoires. Mariette Tremblay, la première victime du coronavirus au Québec, a vécu toute sa vie entourée, mais c’est séparée des siens qu’elle est morte, raconte sa famille, qui implore les Québécois de s’isoler pour limiter la propagation du virus.

« Nous n’avons pas eu la chance de sauver Grand-mamie. Mais vous avez la chance de faire une différence maintenant qu’on sait ; maintenant que l’on connaît les dommages causés par cette pandémie », écrit Bibianne Lavallée, sa petite fille, dans un long message publié jeudi sur Facebook.

Mère de quatre filles, grand-mère de neuf petits-enfants et arrière-grand-mère de neuf, bientôt dix, arrière-petits-enfants, Mariette Tremblay est décédée mercredi après avoir contracté le coronavirus. La femme de 82 ans était hébergée dans un centre pour personnes âgées de Lavaltrie.

Sa mort a été annoncée par le premier ministre, François Legault, mercredi lors de son point de presse quotidien. Il s’était limité à dire qu’il s’agissait d’une personne âgée de Lanaudière.

Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, avait alors expliqué que la victime « avait des facteurs de risque importants » avant d’avoir « eu une exposition à quelqu’un qui revenait de voyage ».

La résidence pour personnes âgées dans laquelle la dame logeait a pris les mesures nécessaires pour stopper la propagation du coronavirus, avait assuré M. Legault en point de presse.

Au temps d’avant

Le virus s’est attaqué à la dame de 82 ans avant que le Québec ne soit plongé dans la crise liée à la COVID-19, explique sa famille.

« C’était au temps où chacun vaquait à ses occupations comme si de rien n’était », se remémore Mme Lavallée. « Au temps où les enfants allaient encore à l’école. Où les avions volaient dans le ciel. Où on allait à l’épicerie sans en avoir le ventre serré. Il y a même des gens qui partaient en vacances ! Imaginez… il semble que c’était il y a si longtemps, mais c’était il y a moins d’une semaine », ajoute-t-elle.

S’il était déjà trop tard pour sauver Mariette Tremblay lorsque son diagnostic est tombé, sa famille souhaite que sa mort puisse aider à sauver des vies. C’est qu’ils n’ont même pas pu la soutenir dans ses derniers moments de vie.

« Nous aurions voulu pouvoir lui tenir la main, la réconforter, lui parler doucement à l’oreille, mais nous n’en avons pas eu la chance », mentionne Mme Lavallée.

Maintenant que les Québécois sont au courant des risques liés à la COVID-19, la famille estime qu’il est de la responsabilité de chacun de tout faire pour éviter la multiplication des cas qui mènent à des drames humains.

« Ma famille s’unit à moi pour implorer les Québécois, et le monde entier, à suivre les recommandations émises par les autorités, de faire preuve de civisme, de responsabilité sociale et de rester à la maison », insiste Mme Lavallée.