Une vingtaine de détenus présentent des symptômes du coronavirus

Parmi ces contrevenants, 10 se trouvent à la prison de Bordeaux.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Parmi ces contrevenants, 10 se trouvent à la prison de Bordeaux.

Près d’une vingtaine de personnes incarcérées ont dû être placées en isolement dans les derniers jours parce qu’elles présentent des symptômes liés au coronavirus.

Au total, 18 détenus ont présenté les principaux symptômes de la COVID-19, soit de la fièvre, de la toux ou des difficultés respiratoires, confirme le ministère de la Sécurité publique.

Parmi ces contrevenants, 10 se trouvent à la prison de Bordeaux, 4 à celle de Rivière-des-Prairies, 2 à celle de Laval puis 2 autres à celle de Québec.

Au moment d’écrire ces lignes, le ministère ne pouvait ni confirmer si ces détenus sont atteints du virus, ni s’ils ont fait l’objet d’une investigation.

Éviter le pire

La seule solution pour éviter le pire dans le contexte actuel de pandémie est de réduire la population carcérale, plaide la Ligue des droits et libertés (LDL).

« Le virus pourrait se propager comme un feu en forêt en raison de la surpopulation, de l’exiguïté et de la configuration architecturale des lieux », soutient Lucie Lemonde, porte-parole de la LDL.

L’organisme demande à Québec de libérer certains types de contrevenants pour limiter la propagation du virus, dont les contrevenants de plus de 60 ans, les contrevenantes enceintes, les détenus malades ainsi que ceux dont la libération est prévue en 2020 et 2021.

« Ces personnes peuvent être libérées sans que la sécurité de la population ne soit mise en danger », dit Mme Lemonde.

Mme Lemonde demande également de libérer les détenus purgeant des peines de « fin de semaine », ou de moins de 3 mois.

Jeudi, Le Devoir révélait que les détenus purgeant des peines de « fin de semaine » continueront à être hébergés en groupe dans les établissements de détention, malgré la recommandation de Québec d’éviter de se tenir à moins d’un mètre les uns des autres.

« En ce moment, la question n’est pas de savoir si, oui ou non, il y aura des détenus infectés par le coronavirus, mais plutôt de savoir quand exactement nous serons pris nous aussi avec le virus », avait confié Mathieu Lavoie, président national du syndicat des agents de la paix en milieu correctionnel.