Les jeunes adultes auraient un rôle crucial à jouer dans le contrôle de la pandémie

Les raisons exactes de la prévalence plus élevée mesurée chez les 20-29 ans demeurent nébuleuses. Il est possible que les membres de ce groupe d’âge aient été moins disciplinés en ce qui a trait au respect des consignes de sécurité du gouvernement.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les raisons exactes de la prévalence plus élevée mesurée chez les 20-29 ans demeurent nébuleuses. Il est possible que les membres de ce groupe d’âge aient été moins disciplinés en ce qui a trait au respect des consignes de sécurité du gouvernement.

Les jeunes adultes âgés de 20 à 29 ans ont un rôle crucial à jouer dans le contrôle de la pandémie de maladie à coronavirus (COVID-19), croit un expert de l’Université de Montréal.

Des données compilées en Corée du Sud, où quelque 10 000 personnes sont testées chaque jour en réponse à la crise, révèlent en effet une prévalence nettement plus accrue de la maladie dans ce groupe d’âge.

« C’est probablement le meilleur endroit où cette statistique-là est prise dans le monde en raison du caractère “agressif” de la fréquence des tests », a expliqué le professeur Alain Gagnon, qui enseigne au département de démographie de l’Université de Montréal et dont les recherches portent notamment sur les épidémies à travers l’histoire, et en particulier celles causées par la grippe.

Cette campagne a permis aux responsables sud-coréens de la santé publique de détecter plusieurs cas asymptomatiques, ajoute M. Gagnon, « ce qui a fait ressortir la part très importante des 20-29 ans ». Selon les plus récentes données disponibles, ce sont 2213 infections qui ont été confirmées chez les 20-29 ans en Corée du Sud ; suivent ensuite les 50-59 ans, avec 1376 infections confirmées.

M. Gagnon s’explique toutefois mal qu’on ne constate pas le même phénomène chez les 10-19 ans, qui sont habituellement frappés de plein fouet par la grippe.

« Il se peut que les 10-19 ans soient aussi très infectés, mais il se peut qu’il ne soit pas infectés suffisamment longtemps, ou que les symptômes ne soient pas suffisamment clairs pour qu’ils soient testés », a-t-il dit.

Les raisons exactes de la prévalence plus élevée mesurée chez les 20-29 ans demeurent nébuleuses. Il est possible que les membres de ce groupe d’âge aient été moins disciplinés en ce qui a trait au respect des consignes de sécurité du gouvernement. Il se pourrait aussi que cela découle de contacts sociaux plus intenses entre eux.

On sait également que plusieurs jeunes appartenant à une secte chrétienne sud-coréenne ont été infectés ; mais en même temps, le virus est potentiellement sous-détecté chez ces jeunes en Italie et ailleurs en Europe.

Quoi qu’il en soit, on peut s’inquiéter de la prévalence plus importante du virus chez ces jeunes adultes.

« Si les groupes d’âge les plus à risque d’être infectés sont aussi beaucoup moins à risque […] d’avoir une infection très grave, ils seront encore plus insouciants, a prévenu M. Gagnon. On va être un peu plus nonchalants si on se croit invincible, mais le résultat sera que le virus va se répandre encore plus. »

Il ne faut toutefois pas en conclure que les jeunes de 20-29 portent seuls la responsabilité de freiner la propagation du virus SARS-CoV-2 qui cause la maladie, a-t-il précisé.

« Si certains groupes d’âge sont plus à risque d’être infectés et éventuellement de transmettre le virus, ça ne veut pas dire que les autres n’ont pas à faire attention, a dit M. Gagnon. Il faut s’assurer que tous les groupes dans la société suivent les mêmes directives ! »