Un service de dépistage du coronavirus... à l’auto

Des infirmières prennent un échantillon dans la bouche d'homme et son épouse qui reviennent d’un séjour au Costa Rica.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Des infirmières prennent un échantillon dans la bouche d'homme et son épouse qui reviennent d’un séjour au Costa Rica.

Le garage d’ambulance inutilisé d’un centre hospitalier de Lévis s’est transformé mardi en service à l’auto de dépistage du coronavirus. À l’intérieur, une petite équipe de quatre personnes reçoit des dizaines de personnes par jour. Et la cadence va en augmentant.

« Tirez la langue, je vais prendre un échantillon », demande l’infirmière au conducteur du véhicule. L’homme et son épouse reviennent d’un séjour au Costa Rica. Ils étaient auparavant sur un bateau de croisières où plusieurs personnes ont été malades. De quoi ? Ils l’ignorent.

Mais la dame tousse et l’homme a mal à la gorge.

L’infirmière prend un échantillon dans la bouche de l’homme et un autre dans son nez. « À partir de maintenant, vous vous placez en quarantaine pour deux semaines », dit-elle. Elle lui explique que le Santé Publique va l’appeler pour lui donner les résultats, qu’ils soient positifs ou négatifs. D’ici cinq jours ou plus. Elle donne ensuite un masque à sa conjointe à qui elle demande de sortir de la voiture pour être testée à son tour.

L’intérieur du garage est divisé en deux sections. Seule les infirmières se déplacent dans l’espace où transitent les voitures. Elles portent une combinaison, un masque et des lunettes de protection qu’elles jettent et remplacent après chaque patient.

Photo: Renaud Philippe Le Devoir À l'intérieur de ce garage d’ambulance inutilisé d’un centre hospitalier de Lévis, une petite équipe de quatre personnes reçoit des dizaines de personnes par jour.

Lorsqu’on lui demande comment elle vie son expérience, l’infirmière rétorque qu’elle a l’impression d’être « au front ». « C’est tout le temps l’inquiétude », dit-elle en expliquant qu’elle se demande toujours si les mesures de précautions pour qu’elle n’attrape pas le virus sont suffisantes. « On se fie aux instructions ». Elle dit qu’elle a peur « un peu », qu’elle a des enfants à la maison. « Mais bon, on va faire avec », dit-elle en souriant.

De 43 à 70 visiteurs par jour

Sur le côté, une adjointe administrative prépare les dossiers transmis par le 811 aux côtés du coordonnateur, Frédéric Boivin. En temps normal, il est chef de l’unité de médecine à l’Hôtel-Dieu de Lévis. « J’ai fait de l’urgence et de la coordination à l’hôpital. Ma boss m’a appelé pour me dire qu’elle avait besoin d’un gars qui pouvait démarrer ça rapidement. »

Les deux infirmières, elles, travaillent en temps normal dans un bloc opératoire qui a fermé depuis le début de la crise.

Le système va rondement. « La première journée on avait mis des places aux 15 minutes. Aujourd’hui, on est aux dix minutes », explique M. Boivin. Mardi, 43 voitures ont visité le site ; mercredi, 70 étaient sur la cédule mais on prévoyait en accueillir peut-être encore davantage. « Il faut que ça roule », résume-t-il en souriant.

Le service se trouve Centre Paul-Gilbert à Lévis. Le bâtiment abrite un CHSLD et certains services hospitaliers. De l’intérieur du bâtiment, l’accès au garage est protégé par une bâche de plastique blanc.

Mercredi, une installation similaire a ouvert ses portes du côté de Québec à l’Hôpital Chauveau. D’autres doivent aussi ouvrir leurs portes à Thetford-Mines, Montmagny et Saint-Georges.

Les personnes qui visent le service au volant ont toutes obtenu un rendez-vous via le 811. Pas question de s’y présenter sans avoir été inscrit au préalable. Les gens pensent qu’ils vont se faire tester en préventif. Ce n’est pas ça le service, explique le coordonnateur. Une infirmière qui n’avait pas de symptômes mais voulait être testée mardi a d’ailleurs été à faire demi-tour. « Si on se met à dépister tout le monde, ça ne finira pas ».