Une personne infectée a emprunté le transport en commun à Montréal et à Longueuil

Un membre du personnel d’une des cliniques consacrées au dépistage du coronavirus montre comment bien mettre un masque médical.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Un membre du personnel d’une des cliniques consacrées au dépistage du coronavirus montre comment bien mettre un masque médical.

La Direction de santé publique du Québec tente de retrouver des individus qui auraient pu être en contact avec un patient infecté par la COVID-19, lors de déplacements en transport en commun à Longueuil et à Montréal.

La personne atteinte, qui revenait d’une croisière, « présentait des symptômes » au moment des trajets, a indiqué mardi la Dre Julie Loslier, directrice de santé publique de la Montérégie.

Elle s’est déplacée en métro des stations Longueuil à Champ-de-Mars (et vice-versa), en passant par Berri-UQAM, entre 14 h et 15 h 45 le 24 février. Elle est ensuite montée à bord d’un autobus de la ligne 88 du Réseau de transport de Longueuil (RTL), en direction de Mountainview. Les mêmes déplacements ont été effectués le 6 mars en matinée.

« Le risque [de contracter la COVID-19], pour les personnes qui ont utilisé les transports en commun au même moment, demeure faible », a souligné la Dre Loslier.

La Direction de santé publique du Québec invite néanmoins les usagers, qui auraient pu se retrouver dans le même wagon de métro ou le même autobus que la personne infectée, à surveiller leurs symptômes. Il faut, disent les autorités, contacter le 811 si les symptômes suivants apparaissent : fièvre, toux, difficultés respiratoires ou douleurs thoraciques.

« Si vous êtes malade, n’allez pas rendre visite à des personnes âgées ou à des gens qui ont le cancer ou des gens qui pourraient avoir des complications importantes de la maladie », a rappelé le Dr Horracio Arruda, directeur national de la santé publique du Québec.

Montréal en mode alerte

Même si la situation concernant la COVID-19 est considérée comme « sous contrôle » à Montréal, le Centre de sécurité civile de l’agglomération s’est placé en mode alerte, a annoncé la mairesse Valérie Plante mardi.

Cela signifie que l’Organisation de la sécurité civile de l’agglomération de Montréal élabore un plan pour s’assurer du maintien des services de la Ville si la situation devait se détériorer, a expliqué la mairesse. « Il s’agit de mesures internes pour assurer la résilience de nos services, a-t-elle dit. On est en veille. Il n’y a pas de raisons de s’inquiéter. »

Pas de transmission locale

Jusqu’à présent, les Québécois qui ont contracté le nouveau coronavirus ont été contaminés à l’étranger. Le cinquième cas probable (confirmé par la suite), annoncé lundi, a voyagé à Dublin, en Irlande. Cette personne infectée, qui habite Montréal, est en isolement à domicile. « L’ensemble des contacts étroits et familiaux sont isolés, a dit la Dre Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique du CIUSSS Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal. Les contacts, liés au vol d’avion, sont aussi identifiés et sont en train d’être isolés. »

La direction régionale de santé publique tente également de joindre quelques employés travaillant dans des commerces côtoyés par l’individu atteint du coronavirus. Ils devront se soumettre à une quarantaine.

En agissant ainsi, la Direction de la santé publique espère limiter la contamination à plus grande échelle. « Si on est capable d’isoler les personnes le plus possible ou de les identifier rapidement, à ce moment-là, la personne dès qu’elle a des symptômes, elle ne va pas traîner [pour consulter], a expliqué le Dr Arruda. Elle va générer moins de cas. »

Le Dr Arruda signale que, si le nombre de cas explose, les autorités ne pourront faire de telles investigations pour chaque personne contaminée. « Un moment donné, on va se concentrer sur des approches populationnelles, de ne pas faire de rassemblements, etc. »

Afin d’améliorer le dépistage, Québec a mis en place des cliniques qui y sont consacrées. Depuis son ouverture lundi, la clinique située à l’Hôtel-Dieu de Montréal a accueilli près d’une quarantaine de personnes, d’après la direction régionale de santé publique du CIUSSS Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal. Ces gens n’ont pas nécessairement passé un test de détection, indique-t-on.

Au Québec, on dénombre mercredi sept cas confirmés et plus de 90 personnes sont actuellement en observation.

Avec Jeanne Corriveau

Près de 230 Canadiens rapatriés

Près de 230 Canadiens ont entamé mardi matin une « quarantaine » de deux semaines à la base des Forces canadiennes de Trenton, en Ontario, après avoir été rapatriés du navire de croisière Grand Princess où on avait constaté une éclosion du nouveau coronavirus. Un avion affrété par Ottawa a ramené 228 Canadiens qui étaient passagers du navire, qui a accosté lundi en Californie. Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a déclaré qu’une « poignée » de Canadiens qui étaient de l’équipage sont porteurs du virus responsable de la COVID-19, bien qu’il ait refusé de donner des chiffres plus précis. Ces Canadiens resteront sur le navire, conformément au protocole convenu avec les autorités américaines, a précisé M. Champagne. Le paquebot Grand Princess transportait 3500 passagers et membres d’équipage. Plus de 20 cas de COVID-19 ont été signalés à son bord.

La Presse canadienne