Niveau de menace maximal pour l’OMS

Des préposés se sont affairés à désinfecter les stations de métro de Séoul, en Corée du sud, vendredi, pour lutter contre la propagation du coronavirus.
Photo: Ahn Young-joon Associated Press Des préposés se sont affairés à désinfecter les stations de métro de Séoul, en Corée du sud, vendredi, pour lutter contre la propagation du coronavirus.

Le Québec se prépare à une éventuelle éclosion de coronavirus après qu’un premier cas a été détecté à Montréal. Ailleurs dans le monde, le virus continue sa progression fulgurante. L’OMS a d’ailleurs relevé à son degré maximum le niveau de menace liée au coronavirus vendredi.

Le nombre de personnes atteintes du COVID-19 au Canada vient ainsi de monter à 15 puisque le Québec a confirmé son premier cas vendredi soir. Il s’agit d’une femme de la région de Montréal qui revenait d’un voyage en Iran. Elle se trouve en isolement à son domicile.

Plus tôt, les autorités sanitaires de l’Ontario ont annoncé un septième cas dans la province. L’homme d’une cinquantaine d’années revenait aussi d’Iran. Les autres cas canadiens ont été déclarés en Colombie-Britannique.

La ministre de la Santé du Québec, Danielle McCann, avait déjà annoncé jeudi soir « un cas probable » de coronavirus. La femme en question a subi de premiers tests qui se sont révélés positifs, mais le Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg devait confirmer les résultats, qui sont finalement arrivés vendredi soir.

Ce premier cas au Québec ne doit pas laisser place à la panique pour autant, selon la Dre Caroline Quach-Thanh, pédiatre et microbiologiste-infectiologue à l’Hôpital Sainte-Justine. « On s’attendait à en avoir un éventuellement [au Québec], compte tenu des voyages et des allers-retours des gens. »

Les autorités sanitaires de la province se disent prêtes à faire face à toute éventualité. « Admettons qu’il y ait une transmission très répandue dans la communauté, on pourrait en venir à émettre des recommandations de restriction de rassemblements et de visites [dans les établissements de santé et les CHSLD] etc. », indique la Dre Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique de Montréal. Des quartiers et des écoles pourraient aussi être fermés. « Mais on n’en est vraiment pas rendus là. »

 

À Québec, un comité administratif auquel participent six ministères (de la Santé, de l’Éducation, de la Sécurité publique, des Finances, du Tourisme et des Relations internationales) a récemment été formé pour permettre un meilleur partage des informations et coordonner les gestes à poser en cas d’épidémie. Le comité a servi jusqu’à présent à faire circuler l’information lorsque, par exemple, une école ayant planifié un voyage en Italie demandait conseil au ministère de l’Éducation avant de laisser les élèves partir.

De son côté, la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) juge inégale l’information fournie par les employeurs à ses membres.

« La courroie de communication n’est pas toujours efficace d’un employeur à l’autre », note la vice-présidente du secteur de la santé et de la sécurité du syndicat, Linda Lapointe. La procédure à suivre si un cas d’infection au coronavirus se présente n’est donc pas toujours claire.

La FIQ aimerait également s’assurer que l’équipement de protection, commeles masques, soit disponible en quantité suffisante et facilement accessible. « Ce n’était pas le cas au Saguenay lorsqu’il y a eu des cas suspects », a indiqué Mme Lapointe.

Propagation

Ailleurs dans le monde, de nombreux nouveaux cas de coronavirus ont été répertoriés dans plusieurs pays vendredi. Près d’une soixantaine de nations sont désormais touchées. On compte en tout plus de 84 000 contaminations et 2870 morts.

La situation a d’ailleurs eu des répercussions jusqu’à Wall Street, qui a clôturé vendredi sur ses plus lourdes pertes hebdomadaires depuis octobre 2008, au pic de la crise financière mondiale.

Devant cet afflux de nouveaux cas, notamment dans des pays qui étaient jusque-là épargnés, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a relevé à son degré maximum le niveau de la menace liée au virus.

Tous les pays doivent se préparer à l’arrivée du virus, a averti l’organisme. Personne ne doit se croire à l’abri de la maladie, ce serait une « erreur fatale ».

Pays touchés

Un premier cas a été annoncé en Afrique subsaharienne, au Nigeria, vendredi. Il s’agit d’un Italien revenu de Milan. Deux autres cas de contamination ont été recensés ces derniers jours en Afrique, en Égypte et en Algérie.

Après le Brésil, un deuxième pays d’Amérique latine a été touché vendredi : le Mexique a annoncé deux premiers cas, deux hommes ayant voyagé récemment en Italie.

L’Islande, les Pays-Bas, la république de Saint-Martin, la Lituanie, le Bélarus, l’Azerbaïdjan et la Nouvelle-Zélande se sont également ajoutés à la liste des pays touchés ces dernières 24 heures.

En Italie — devenu l’un des principaux foyers de contamination avec la Chine, l’Iran et la Corée du Sud — on compte désormais 888 personnes contaminées et 21 morts.

La Corée du Sud a enregistré 571 contaminations supplémentaires, portant le total à 2337 (dont 13 morts).

L’Iran a annoncé la mort de 8 personnes infectées parmi 143 nouveaux cas ces dernières 24 heures, portant le bilan à 34 morts et 388 cas. Mais le nombre de morts serait d’au moins 210 selon BBC Persian, ce que Téhéran dément toutefois.

En Chine, où le virus est apparu en décembre, le nombre de nouveaux décès et contaminations continue par contre de diminuer grâce aux mesures de quarantaine mises en place. Le pays a enregistré 327 nouveaux cas, le nombre le plus faible dans le pays depuis le 24 janvier, et de 44 morts vendredi.

Avec Marie-Eve Cousineau et Agence France-Presse