Ottawa demande d'éviter tout voyage dans la province chinoise de Hubei

<p>Les responsables de la santé publique en Ontario attendent les résultats des tests menés sur 19 personnes, mais ont éliminé le diagnostic du coronavirus chez 15 autres.</p>
Photo: Frank Gunn La Presse canadienne

Les responsables de la santé publique en Ontario attendent les résultats des tests menés sur 19 personnes, mais ont éliminé le diagnostic du coronavirus chez 15 autres.

Le gouvernement canadien déconseille maintenant aux citoyens de voyager dans la province chinoise au centre de l’épidémie de la nouvelle forme de coronavirus, intensifiant ainsi un avertissement précédent concernant la région.

Lundi après-midi, le gouvernement a révisé ses conseils aux voyageurs pour affirmer que les Canadiens ne devraient en aucun cas se rendre dans la province du Hubei.

« Évitez tout voyage dans la province du Hubei, y compris dans les villes de Wuhan, de Huanggang et d’Ezhou, en raison de l’imposition de sévères restrictions de voyage visant à limiter la propagation d’un nouveau coronavirus », indique le site internet.

Auparavant, le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, avait seulement conseillé aux Canadiens d’éviter les voyages non essentiels dans la région.

Le gouvernement chinois a coupé il y a cinq jours les liaisons de transport à Wuhan, au centre de l’épidémie, et a depuis ce temps étendu ces restrictions de déplacement à plusieurs villes voisines.

L’administratrice en chef de la santé publique du Canada assure que le risque de propagation du nouveau coronavirus au pays reste minime malgré la découverte d’un deuxième cas présumé.

Theresa Tam a déclaré lundi que la probable confirmation d’un deuxième cas n’avait pas changé son opinion selon laquelle le risque de contracter le virus reste faible au Canada, notant que les deux cas suivent un schéma rassurant.

« La transmission du virus se produit au sein de membres de la famille qui ont une exposition étroite et prolongée à des personnes malades, a affirmé Mme Tam en conférence téléphonique. Les Canadiens ne devraient pas s’inquiéter de contracter le virus d’une personne infectée par tout contact occasionnel, comme en marchant dans l’aéroport ou un autre lieu public. »

Le médecin-hygiéniste en chef de l’Ontario, David Williams, a annoncé plus tôt lundi que le premier cas présumé du nouveau coronavirus signalé au cours de la fin de semaine était maintenant confirmé.

Selon le docteur Williams, les tests menés au Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg ont confirmé qu’un homme d’une cinquantaine d’années rentré récemment de Chine était porteur du coronavirus.

Mme Tam a déclaré être en attente d’une confirmation du laboratoire concernant la conjointe de cet homme, soulignant que le laboratoire teste actuellement 25 échantillons provenant de plusieurs provinces.

Les autorités indiquent que la dame s’est elle-même isolée depuis son retour au Canada la semaine dernière, ce qui minimise les risques de contamination pour la population en général.

Les autorités tentent maintenant d’entrer en contact avec les passagers du vol en provenance de Chine qui a ramené à Toronto le couple infecté.

Les responsables de la santé publique en Ontario attendent par ailleurs les résultats des tests menés sur 19 autres personnes, mais ont éliminé le diagnostic du coronavirus chez 15 autres.

Les responsables de la santé en Ontario ont déclaré que le mari et la femme portaient des masques de protection pendant leur voyage de retour au Canada, une mesure qui, selon la communauté médicale, peut être utile pour prévenir la propagation de la maladie.

Les autorités fédérales et provinciales ont affirmé que l’homme avait demandé des soins à l’hôpital pour une aggravation de ses symptômes le lendemain de son retour à la maison.

La Chine signale plus de 2750 cas d’infection et 106 décès jusqu’ici, mais il reste à voir si le coronavirus est aussi dangereux que le virus de l’influenza, la « grippe commune », qui tue des milliers de personnes chaque année au Canada seulement.

Lundi matin, le ministre François-Philippe Champagne a assuré que le gouvernement canadien offrait des services consulaires aux Canadiens en Chine.

M. Champagne a ajouté que 167 Canadiens qui se trouvent dans la région touchée par le coronavirus sont présentement enregistrés auprès de l’ambassade du Canada en Chine.

Le Canada est en train d’évaluer toutes les options pour assurer la santé et la sécurité des Canadiens en Chine, a-t-il dit.

Un premier cas confirmé en Allemagne

Un premier cas de contamination par le coronavirus chinois a été confirmé en Allemagne, chez un homme en Bavière (sud), a annoncé lundi soir le ministère bavarois de la Santé.

« Un homme de la région de Starnberg a été infecté avec le nouveau coronavirus » et « a été placé sous surveillance médicale et à l’isolement », a annoncé un porte-parole du ministère dans un communiqué.

Le malade se trouve « médicalement dans un bon état », a précisé le porte-parole sans plus de détails. Ses proches ont également été informés des symptômes pouvant apparaître en cas de maladie, ainsi que sur les précautions d’hygiène à prendre.

L’épidémie de pneumonie virale a déjà fait 82 morts en Chine et quelque 2744 personnes ont été contaminées dans ce pays, selon le dernier bilan officiel lundi.

Le ministère bavarois de la Santé n’a donné aucune indication sur cet homme ou sur les circonstances dans lesquelles il a pu être infecté par le virus. Une conférence de presse doit toutefois avoir lieu mardi en matinée à Munich.

L’Allemagne devient ainsi le deuxième pays en Europe à être touché par le coronavirus après trois cas en France, confirmés le 24 janvier. Les trois malades, un à Bordeaux (sud-ouest) et deux à Paris, avaient récemment voyagé en Chine.

L’Allemagne a appelé lundi ses ressortissants à éviter les voyages « non indispensables » en Chine alors qu’augmentent les craintes d’une extension rapide du nouveau coronavirus.

L’Allemagne envisage aussi une « possible évacuation », s’ils le souhaitent, de ses ressortissants de la ville chinoise de Wuhan, épicentre du virus.

Agence France-Presse