Les urgences du Québec sont engorgées

À Montréal, 13 des 21 établissements de santé se trouvaient en situation d’achalandage «très élevé», et plusieurs dépassaient leur capacité maximale de plus de 50%.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir À Montréal, 13 des 21 établissements de santé se trouvaient en situation d’achalandage «très élevé», et plusieurs dépassaient leur capacité maximale de plus de 50%.

Les personnes malades devront prendre leur mal en patience en ce début des fêtes de fin d’année, car les urgences des hôpitaux débordent déjà dans plusieurs régions du Québec.

Le taux d’occupation des civières dépassait la capacité maximale d’accueil dans plus d’une cinquantaine d’hôpitaux lundi après-midi, une situation qui touchait toujours 35 établissements à 21h30.

Les régions les plus touchées en journée étaient les Laurentides, avec un taux d’occupation des urgences de 135 %, la Montérégie (129 %), Lanaudière (114 %), l’Outaouais (111 %), l’Estrie (110 %) et Montréal (108 %).

Dans la métropole, 13 des 21 établissements de santé se trouvaient en situation d’achalandage « très élevé » au plus fort de la journée, et plusieurs dépassaient de plus de 50 % leur capacité maximale. C’est l’Hôpital général juif et le Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine qui enregistraient les plus importants débordements, le premier ayant atteint jusqu’à 187 % de sa capacité en après-midi et le second s’approchant des 170 % en soirée.

Le CHU Sainte-Justine a d’ailleurs recommandé à la population la semaine dernière d’éviter de se présenter à ses urgences, alors que 350 patients ont été accueillis mercredi dernier, soit 150 de plus que la normale.

« La situation est encore très achalandée, on invite toujours les familles à développer le réflexe d’aller dans leur clinique quand ce n’est pas urgent », a indiqué lundi le service des communications de l’établissement.

Éviter les urgences était aussi le mot d’ordre au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) lundi. La veille, l’établissement a indiqué qu’un bris de tuyau a entraîné un dégât d’eau, rendant inutilisables 30 % des civières. Les travaux de réparation pourraient perturber la situation encore plusieurs jours.

Plusieurs régions touchées

En Montérégie, les huit établissements de la région affichaient un achalandage « très élevé » au plus fort de la journée. L’Hôpital du Suroît à Salaberry-de-Valleyfield a été le plus occupé, ayant atteint jusqu’à 175 % d’occupation. Pas moins de 26 patients s’y trouvaient depuis plus de 24 heures et 14 depuis plus de 48 heures. L’Hôpital du Haut-Richelieu et l’Hôpital Honoré-Mercier de Saint-Hyacinthe ont aussi accueilli de nombreux patients toute la journée.

« Il y a eu ces derniers jours un nombre plus important [de déplacements] d’ambulances reliés principalement aux conditions hivernales : chutes, accidents, problèmes respiratoires, etc. », explique la porte-parole du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Ouest, Jade St-Jean. Elle note également une recrudescence des cas de gastro et de grippe, qui font d’autant plus pression sur les urgences.

Dans les Laurentides, les établissements de santé en avaient aussi plein les bras, particulièrement l’Hôpital régional de Saint-Jérôme, l’Hôpital de Saint-Eustache et l’Hôpital de Mont-Laurier.

Parmi les cinq hôpitaux de la région de Québec dépassant leur capacité maximale, les pires débordements ont été observés en journée à l’Hôpital Saint-François-d’Assise et à l’Hôtel-Dieu de Québec.

Les régions de Laval, de Lanaudière, du Centre-du-Québec, de l’Estrie et de l’Outaouais n’étaient pas en reste, avec des niveaux d’achalandage également « très élevé ».

La situation était par contre « normale » dans les régions de l’Abitibi-Témiscamingue, du Bas-Saint-Laurent, de Chaudière-Appalaches, de la Côte-Nord, de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Sur leur site Internet, les établissements de santé de la province conseillent à la population de s’abstenir de se présenter aux urgences en cas de problèmes moins graves — rhume, grippe ou gastro, par exemple — et de plutôt se tourner vers leur médecin de famille, une clinique d’hiver ou de composer le 811 pour demander conseil à une infirmière.