Hausse «alarmante» du vapotage chez les jeunes de la région de Québec

57% des jeunes utilisateurs occasionnels recensés la première année dans l’étude étaient devenus deux ans plus tard des consommateurs réguliers ou quotidiens.
Photo: iStock 57% des jeunes utilisateurs occasionnels recensés la première année dans l’étude étaient devenus deux ans plus tard des consommateurs réguliers ou quotidiens.

Une étude menée dans 32 écoles de la région de Québec démontre que l’usage de la cigarette électronique augmente très vite chez les jeunes. En trois ans, la proportion d’élèves du secondaire ayant déjà vapoté est passée de 32 à 44 %.

D’emblée, la proportion de jeunes vapotant tous les jours est passée de 1 à 6 % au cours de la même période.

L’étude menée auprès de 20 000 jeunes entre 2016-2017 et 2018-2019 a été réalisée par des chercheurs du Centre intégré universitaire de santé et services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale.

 
44 %
C’est la proportion d’élèves du secondaire ayant déjà vapoté en 2018-2019, selon une étude menée dans 32 écoles de la région de Québec. Deux ans auparavant, cette proportion était de 32 %.

Il s’agit de la recherche la plus aboutie à avoir été menée sur le sujet au Québec à ce jour. Elle démontre aussi que les utilisateurs de cigarettes électroniques augmentent leur consommation avec le temps.

Ainsi, 57 % des utilisateurs occasionnels recensés la première année dans l’étude étaient devenus deux ans plus tard des consommateurs réguliers ou quotidiens.

Le document révèle également que les garçons consomment plus de ces produits que les filles, et ce, davantage dans les secteurs plus ruraux qu’en milieu urbain.

Ces résultats émergent une semaine après que le gouvernement Legault a annoncé qu’il comptait s’attaquer au phénomène.

Québec préoccupé

La semaine dernière, la ministre de la Santé Danielle McCann a mandaté le directeur national de Santé publique pour créer un « groupe spécial d’intervention » dans ce dossier.

Ce dernier doit déposer des recommandations au printemps sur l’encadrement des parfums, du taux de nicotine et de l’accessibilité des produits.

Le Québec n’est pas le seul à s’en préoccuper.

En Colombie-Britannique, le gouvernement a notamment décidé d’interdire certains parfums et emballages colorés en plus d’imposer une nouvelle taxe sur ces produits l’an prochain.

En Inde, on a décidé de carrément les interdire.

Pour les chercheurs, les données sont carrément « alarmantes », d’autant plus que la grande majorité des jeunes sondés estiment que la cigarette électronique ne pose aucun risque pour la santé.

Des effets nocifs

Or, cette perception fait en sorte que les jeunes se permettent de vapoter plus, et dès lors consomment de fortes quantités de nicotine, a expliqué le pédiatre Richard E. Bélanger, qui a cosigné l’étude.

 
57 %
C’est la propotion des utilisateurs occasionnels recensés la première année dans l’étude qui étaient devenus deux ans plus tard des consommateurs réguliers ou quotidiens.

« La nicotine est un puissant stimulant », a-t-il souligné en racontant avoir vu de jeunes patients qui éprouvaient des douleurs thoraciques et des palpitations.

D’emblée, les jeunes qui vapotent sont plus nombreux à commencer à fumer que les autres, selon l’étude. Ainsi, après trois ans, ils sont 23 % à fumer parmi ceux qui vapotaient, contre 5 % chez ceux qui ne vapotaient pas au départ.

Qu’en est-il de leur usage chez les adultes ?

À l’origine, ces cigarettes étaient vues comme une façon d’aider bien des gens à cesser de fumer.

Or, même cela est mis en doute selon le Dr Bélanger. Chose certaine, dit-il, l’impact négatif sur les jeunes supplante de loin les bénéfices pour les adultes. « Pour un adulte qui a amélioré sa situation, il y a 80 jeunes qui se sont initiés à la cigarette via la cigarette électronique. »