Comprendre le dossier du plomb dans l’eau au Québec

Photo: Kenzo Tribrouillard Agence France-Presse

Le 11 juillet 2019, Le Devoir révèle que la quantité de plomb dans l’eau potable de certaines écoles et garderies de la province est assez importante pour avoir des effets sur le quotient intellectuel (QI) des enfants.

Le 11 juillet 2019, le premier ministre du Québec, François Legault, se dit « préoccupé » mais il ne compte pas modifier la réglementation sur l’eau potable.

Trois mois plus tard, le 8 octobre, le ministre de l’éducation, Jean-François Roberge, ordonne que toutes les fontaines de toutes les écoles soient testées pour en détecter la présence de plomb, après une enquête de La Presse.

Le 10 octobre, le ministère de l’Éducation envoie une lettre aux commissions scolaires, sans préciser la méthode privilégiée pour effectuer les tests, ni d’échéanciers.

Le 16 octobre, une enquête du Devoir, de l’Institut du journalisme d’enquête de l’Université Concordia et Global News révèle que la méthode utilisée pour mesurer le plomb dans l’eau camoufle des résultats élevés de plomb chez tous les Québécois.

Ces niveaux peuvent avoir un impact à long terme sur la santé des citoyens, d’après les experts.

La même journée, le gouvernement Legault demande aux municipalités et aux écoles de suivre la méthodologie préconisée par Santé Canada pour évaluer la quantité de plomb dans l’eau.

Le 18 octobre, Le Devoir rapporte que les commissions scolaires devront puiser dans l’enveloppe de 2,3 milliards de dollars réservée à la rénovation des écoles pour effectuer les travaux liés à la présence de plomb dans l’eau.

Le 22 octobre, Le Devoir, de l’Institut du journalisme d’enquête de l’Université Concordia et Global News révèlent en primeur les grandes lignes du nouveau plan d’action de la Ville de Montréal en matière de gestion du plomb dans l’eau potable.

Le 23 octobre, l’équipe d’enquête révèle que Montréal a manqué à son devoir de protection et de transparence envers ses citoyens en écartant plusieurs solutions utilisées dans d’autres villes pour lutter contre le plomb dans l’eau.

La même journée, Québec adopte la norme de Santé Canada sur la présence de plomb dans l’eau potable.

Le 24 octobre, Le Devoir, l’Institut du journalisme d’enquête de l’Université Concordia et Global News révèlent l’existence d’importantes lacunes dans l’application du Règlement sur la qualité de l’eau potable dans les municipalités du Québec.

Le 25 octobre, les commissions scolaires reçoivent, avec une semaine de retard, les directives à suivre pour tester l’eau ainsi qu’un échéancier précis.

Le 31 octobre, Le Devoir rapporte que la carte interactive de la Ville de Montréal pour permettre aux Montréalais de vérifier la présence de plomb dans leur eau n’est pas fiable.

Le Devoir propose sa propre carte pour donner aux citoyens un aperçu des endroits les plus touchés par le problème.

Le 1er novembre, Le Devoir rapporte que les filtres certifiés contre le plomb qui devaient être distribués gratuitement aux Montréalais, ne seront finalement pas offerts à tous.

Le 4 novembre, une enquête du Devoir, de l’Institut du journalisme d’enquête de l’Université Concordia et Global News dévoile l’ampleur du problème du plomb dans l’eau à travers tout le Canada.

Les niveaux de plomb de plusieurs grandes villes s’avèrent plus élevés que ceux détectés à Flint, au Michigan, au plus fort de la crise de l’eau potable de 2015.

L’enquête démontre les disparités de gestion entre les provinces, en donnant l’exemple de Gatineau et d’Ottawa, qui puisent leur eau de la même source mais obtiennent des niveaux de plomb très différents.

Le 14 novembre, Le Devoir rapporte que le ministère de la Famille a écrit aux 16 000 responsables de garderies du Québec pour leur demander de réaliser des tests au plomb dans leur eau. Mais il n’a pu rejoindre les milliers de garderies privées en milieu familial qui échappent à son contrôle.

Le 16 novembre, Le Devoir, l’Institut du journalisme d’enquête de l’Université Concordia et Global News révèlent que les personnes vivant dans des municipalités rurales défavorisées courent davantage de risques d’être exposées au plomb dans l’eau que les habitants des villes mieux nanties.

Le 18 novembre, Le Devoir, l’Institut du journalisme d’enquête de l’Université Concordia et Global News révèlent que le ministère de la Santé et celui de l’Environnement étaient au courant de l’ampleur du problème depuis plusieurs années.