Le nombre d’infirmières à la hausse au Québec

3900 nouvelles infirmières se sont ajoutées au réseau de la santé en 2018, sur un total de 75 529.
Photo: Philippe Huguen Agence France-Presse 3900 nouvelles infirmières se sont ajoutées au réseau de la santé en 2018, sur un total de 75 529.

En dépit du manque d’infirmières dans le réseau de la santé, le nombre d’infirmières qui pratiquent au Québec a augmenté de façon importante ces derniers mois.

Ainsi, malgré le manque de ressources sur le terrain, les effectifs infirmiers ont augmenté de 1,4 %, selon le bilan statistique de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ).

C’est 3900 nouvelles infirmières qui se sont ajoutées au réseau sur un total de 75 529.

Cette hausse étonne d’autant plus qu’elle est la plus marquée observée depuis huit ans et que les effectifs augmentent chaque année depuis dix ans, relève le président de l’Ordre, Luc Mathieu. « C’est un mystère », a-t-il concédé mardi en entrevue au Devoir. « On a été étonnés. On va devoir fouiller ça davantage avec nos partenaires du réseau. »

Autre donnée étonnante : le taux de rétention dans la profession est de 90 % malgré la perception selon laquelle les infirmières désertent le milieu depuis quelques années.

Où sont-elles ? demande la FIQ

Pendant ce temps, le réseau fait face à une grave rareté de personnel et le gouvernement prévoit de devoir embaucher 23 963 infirmières pour combler les besoins d’ici cinq ans, selon les évaluations du ministère de la Santé.

L’Ordre a quand même certaines « hypothèses » pour expliquer ce paradoxe, selon M. Mathieu. « Dans le total de nos membres, il y en a seulement 60 % qui travaillent à temps complet », dit-il. « Chez les infirmières de la relève, c’est encore pire : c’est 26 % ».

Or, ça n’a pas toujours été le cas, précise-t-il, parce qu’il y a quelques années, 40 % des recrues travaillaient à temps complet.

Dans les rangs syndicaux, on estime que ce paradoxe découle des mauvaises conditions qui persistent dans le réseau. « Le paradoxe, c’est que les gestionnaires se cachent derrière une pénurie depuis 15 ans pour expliquer pourquoi les conditions de travail sont si exécrables », fait valoir la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), Nancy Bédard.

« Elles sont où, ces infirmières-là ? Qu’est-ce qu’on leur donne comme conditions ? Sont-elles en maladie ? Sont-elles retournées sur les bancs d’école ? »

Plus dans le nord du Québec

Par région, on remarque que c’est dans le nord du Québec que le nombre d’infirmières par millier d’habitants est le plus élevé (13,35) suivi de Québec, Montréal et la Gaspésie. À l’autre extrême, le ratio le plus bas s’observe dans Lanaudière (5,46), suivie des Laurentides, de l’Outaouais et de Laval.

Les données révèlent enfin que le nombre d’infirmières par millier d’habitants est supérieur au Québec à la moyenne canadienne (8,52 par rapport à 7,76). En Ontario, le ratio est encore moindre (6,9).

On apprend en outre que la moyenne d’âge est de 41,3 ans et la proportion d’hommes est de 11,3 %.