Personnes autistes: la CAQ rejette les accusations libérales

Marilyne Picard estime que son gouvernement en fait déjà beaucoup pour les personnes autistes.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Marilyne Picard estime que son gouvernement en fait déjà beaucoup pour les personnes autistes.

Critiquée pour son refus de tenir une commission parlementaire sur l’autisme, la Coalition avenir Québec (CAQ) persiste à dire que l’exercice est futile.

La députée caquiste Marilyne Picard, qui siège à la Commission de la santé et des services sociaux, estime que son gouvernement en fait déjà beaucoup pour les personnes autistes, notamment lorsqu’elles atteignent l’âge de la majorité.

En entrevue vendredi, elle a énuméré les différentes initiatives du gouvernement, allant d’un futur projet pilote sur l’école à 21 ans en passant par l’harmonisation des centres de jour.

« On les connaît, les problèmes », a-t-elle déclaré, en balayant les accusations de la députée libérale Jennifer Maccarone comme quoi les caquistes sont « sans coeur ».

Oui, le problème (de la transition vers l’âge adulte) existe, mais on ne doit pas cibler qu’un handicap en particulier

 

La veille, Mme Maccarone — elle-même mère de deux enfants autistes — s’était dite dévastée par le rejet de sa proposition de mandat d’initiative. Elle a accusé le gouvernement Legault d’abandonner les personnes autistes et leurs familles.

L’élue libérale proposait aux parlementaires d’entendre différents groupeset de trouver des pistes de solutions afin d’élargir les services offerts aux personnes autistes.

Elle a rappelé que les services changent lorsque les enfants atteignent l’âge adulte, même si leur situation, elle, ne change pas.

Vision globale

Mme Maccarone n’a visiblement pas apprécié que la décision soit annoncée par Mme Picard, qu’elle pensait son alliée. Marilyne Picard a un enfant gravement malade et est l’ancienne porte-parole du mouvement Parents jusqu’au bout.

« On ne peut pas dire que notre gouvernement est sans coeur, a rétorqué Mme Picard en entrevue. Oui, le problème (de la transition vers l’âge adulte) existe, mais on ne doit pas cibler qu’un handicap en particulier. On doit vraiment voir ça plus globalement. »

Elle accuse à son tour les libéraux d’avoir sous-financé le réseau, empêché l’Office des personnes handicapées du Québec de « sortir ses travaux » et traité chaque handicap « en silo ».

Un mandat d’initiative élargi sera-t-il accepté ? « On regarderait ça à ce moment-là », a-t-elle dit.

Vendredi, l’Office des personnes handicapées, un organisme gouvernemental, a corroboré les dires de Mme Picard. Des travaux sont en cours concernant notamment l’intégration en emploi et l’accès simplifié aux programmes du gouvernement.

« Je suis vraiment fière de ce qu’on fait en ce moment, c’est du jamais vu », a renchéri Mme Picard.

Les députés qui sont membres d’une commission peuvent se prononcer sur les mandats qu’ils veulent étudier, mais il est bien connu que les élus du gouvernement y sont majoritaires et peuvent voter en bloc pour accepter ou refuser un mandat.

Jeudi, les caquistes Ian Lafrenière (Vachon), Nancy Guillemette (Roberval), François Tremblay (Dubuc), Suzanne Blais (Abitibi-Ouest) et Marilyne Picard (Soulanges) ont voté contre la proposition libérale.