Un grand temps d’écran lié à une moins bonne santé

Les enfants «hyperconnectés» ont une moins bonne santé physique et mentale que les élèves qui utilisent moins leur écran.
Photo: Nathan Denette Archives La Presse canadienne Les enfants «hyperconnectés» ont une moins bonne santé physique et mentale que les élèves qui utilisent moins leur écran.

Un élève sur cinq (21 %) en sixième année du primaire passe plus de quatre heures par jour devant un écran pour ses loisirs. Ces enfants « hyperconnectés » ont une moins bonne santé physique et mentale que les élèves qui utilisent moins leur écran. Ils présentent aussi un risque plus élevé de décrochage scolaire.

Ces données « préoccupantes » sont tirées d’une nouvelle étude de la Direction régionale de santé publique de Montréal (voir au bas de l'article pour la consulter). Pas moins de 13 380 élèves de sixième année d’écoles publiques et privées des réseaux francophone et anglophone de Montréal ont participé à cette enquête menée en 2017, dont les résultats ont été rendus publics mardi. L’étude a aussi mesuré le temps d’écran ainsi que la santé physique et mentale de 2000 adultes montréalais.

L’enquête a porté sur le temps consacré aux écrans (téléphone, tablette, ordinateur ou télévision) à des fins de loisirs — par exemple, jeux vidéo, magasinage en ligne, réseaux sociaux, séries télévisées ou YouTube. Le temps d’écran consacré au travail (pour les adultes) ou aux travaux scolaires ne compte pas dans cette enquête.

La majorité (60 %) des élèves de sixième année respectent l’utilisation recommandée de moins de deux heures par jour de temps-écran de loisirs. Ces enfants rapportent un meilleur état de santé, une plus grande satisfaction à l’égard de la vie, ils dorment davantage et ont une plus grande estime de soi que les utilisateurs intensifs des écrans.

« Ce sont des résultats préoccupants. Il y a de grands écarts sur de nombreux indicateurs [entre les utilisateurs intensifs et ceux qui passent moins de deux heures par jour devant leur écran] », dit Jean-François Biron, coauteur de l’étude.

Par exemple, 41 % des utilisateurs intensifs de sixième année du primaire rapportent un manque de sommeil (ils dorment moins de neuf heures par nuit), comparativement à 18 % de ceux qui utilisent un écran moins de deux heures par jour. La proportion de jeunes qui se perçoivent en mauvaise santé est trois fois plus élevée chez les gros utilisateurs d’écrans que chez les autres (9 % contre 3 %). Même phénomène en ce qui concerne l’insatisfaction dans la vie (24 % des utilisateurs intensifs et 12 % de ceux qui passent moins de deux heures par jour sur un écran) et la faible estime de soi (36 % contre 21 %).

La Direction de santé publique interpelle tous les intervenants dans la vie des enfants — parents, enseignants, services sociaux et de santé — pour qu’ils éduquent et contrôlent l’utilisation des écrans par les jeunes. Les adultes doivent aussi limiter leur temps d’écran, même s’ils souffrent moins d’effets indésirables de « l’hyperconnectivité ».

Les adultes sont moins nombreux (16 %) que les enfants à passer quatre heures et plus par jour devant un écran pour leurs loisirs. Les 18-34 ans (20 %) et les 65 ans et plus (21 %) sont plus nombreux que les 35-64 ans (12 %) à utiliser leurs écrans de façon intensive. « L’utilisation intensive est associée à une mauvaise santé générale et mentale, à davantage de détresse psychologique élevée, à une mauvaise qualité de sommeil et à des insatisfactions dans différentes sphères de la vie », indique l’étude.