Les infirmières réclament des hausses salariales totalisant 22%

C’est avec l’APTS que les infirmières ont décidé de s’allier dans un premier temps.
Photo: iStock C’est avec l’APTS que les infirmières ont décidé de s’allier dans un premier temps.

Deux grands syndicats du secteur de la santé et des services sociaux réclament des hausses salariales de 21,6 % sur trois ans au Conseil du trésor.

« Il faut que le gouvernement investisse dans les professionnels en soins », a déclaré la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), Nancy Bédard, en marge d’une manifestation devant le parlement à Québec.

«Les mesures d’austérité ont demandé énormément d’efforts et de ressources à nos gens », a ajouté sa collègue de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) Carolle Dubé.

Plusieurs centaines de travailleuses — ce sont surtout des femmes — ont manifesté devant le parlement avant de marcher symboliquement vers les bureaux du Conseil du trésor pour y déposer leurs demandes.

« McCann, on veut pas de chicane. Mais attend pas qu’on se tanne », scandait notamment la foule à l’intention de la ministre de la Santé, Danielle McCann.

7,2 % par année

La FIQ et l’APTS représentent 131 000 travailleurs du secteur de la santé, dont un grand nombre d’infirmières, des travailleurs sociaux et des psychologues.

Il s’agit du troisième groupe à déposer ses demandes au Conseil du trésor en vue du renouvellement des conventions collectives qui tombent à échéance le 31 mars prochain.

L’augmentation de 21,6 % demandée consiste en trois hausses annuelles successives de 7,2 %.

Le calcul, a expliqué Mme Bédard, inclut une hausse de 3,2 % visant à suivre l’augmentation du coût de la vie (l’indice des prix à la consommation) et « l’enrichissement collectif » ainsi que 4 % de « rattrapage salarial ».

Legault interpellé

Le premier ministre François Legault avait lui-même souligné dans son discours inaugural que le personnel du réseau de la santé avait été « durement éprouvé » ces dernières années, ont souligné les deux syndicats jeudi.

« C’est la première fois que je commence une négociation et que le gouvernement ne pourra pas nous dire qu’il n’a pas d’argent », a signalé Carolle Dubé. Selon des données rendues publiques en juin, les surplus du gouvernement s’élèvent à plus de 4,4 milliards.

Or, en août, le premier ministre a prévenu les syndicats qu’ils ne devaient pas s’attendre à des hausses de salaire supérieures à l’inflation.

« Les surplus n’appartiennent pas aux syndicats, avait-il dit. Ils appartiennent aux Québécois, et moi, j’ai promis de remettre beaucoup d’argent dans le portefeuille des Québécois. »

M. Legault s’était toutefois dit prêt à consentir davantage aux enseignants et aux préposés aux bénéficiaires pour compenser notamment la rareté de main-d’oeuvre dans ces secteurs.

Des milieux « difficiles »

Plus tôt cette semaine, les enseignants ont déposé une demande de hausse salariale de 2 $ l’heure la première année et des augmentations de 3 % en 2021 et en 2022.

Mais c’est avec l’APTS que les infirmières ont décidé de s’allier dans un premier temps. Les travailleurs sociaux auraient-ils des besoins comparables aux infirmières ? Carole Dubé rétorque que ses membres travaillent dans des « milieux difficiles », comme les centres jeunesse et de réadaptation, où il y a aussi des « problèmes de pénurie. Dans notre secteur, ils retardent des traitements, des prises de rendez-vous, les gens attendent un an, deux ans sur les listes d’attente », a-t-elle dit.

« Il y a autant d’enjeux chez les infirmières que chez certains types d’emploi à l’APTS », a ajouté Mme Bédard.