Le vapotage cause un premier cas de maladie pulmonaire grave au Québec

Les vapoteurs doivent surveiller l’apparition de symptômes tels que des difficultés respiratoires, la toux, l’essoufflement ou des douleurs thoraciques.
Photo: Getty images Les vapoteurs doivent surveiller l’apparition de symptômes tels que des difficultés respiratoires, la toux, l’essoufflement ou des douleurs thoraciques.

Un premier cas de maladie pulmonaire grave liée au vapotage a été confirmé au Québec, a annoncé le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, vendredi.

Il s’agit d’une personne de Montréal d’une cinquantaine d’années qui vapotait depuis le mois d’avril dans un contexte de cessation du tabac. Elle avait développé des symptômes de détresse respiratoire et des douleurs thoraciques. Elle s’est cependant bien rétablie, a indiqué la Dre Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique de Montréal, qui n’a pas voulu confirmer s’il s’agissait d’un homme ou d’une femme.

Les autorités ignorent toutefois si la maladie est attribuable à un ingrédient du produit utilisé ou à l’appareil lui-même. La personne utilisait un liquide de vapotage légal, produit et vendu au Canada, qui contenait uniquement de la nicotine à 20 mg, a précisé la Dre Drouin.

Aux États-Unis, 12 décès ont été recensés relativement à l’utilisation de la cigarette électronique et 805 cas de maladie pulmonaire associés au vapotage ont été répertoriés.

Les CDC (Centers for Disease Control and Prevention) signalent cependant que, selon les données recueillies pour 373 cas, une majorité de patients avaient utilisé des produits contenant du THC, le principal psychoactif du cannabis. Les trois quarts des patients étaient des hommes et 67 % d’entre eux étaient âgés de 18 à 34 ans.

Prudence

Le Dr Horacio Arruda a appelé à une grande prudence dans l’utilisation des produits du vapotage. Il a indiqué que les jeunes, les femmes enceintes et les non-fumeurs devraient s’abstenir d’en consommer. « Les produits de source illégale et non réglementée sont particulièrement à éviter étant donné qu’ils comportent des risques additionnels. Mais il ne faut pas considérer les produits légaux comme étant sans problèmes, car ils ne sont pas sans risques », a-t-il ajouté.

Les autorités ne recommandent pas aux ex-fumeurs de tabac de délaisser la cigarette électronique pour retourner à la cigarette traditionnelle. La Dre Drouin souligne toutefois que d’autres produits pour aider à arrêter de fumer sont déjà homologués au Canada et jugés efficaces et sécuritaires.

Les vapoteurs doivent surveiller l’apparition de symptômes tels que des difficultés respiratoires, la toux, l’essoufflement ou des douleurs thoraciques. En cas de symptômes, ces personnes devraient consulter un médecin sans tarder.

Les autorités en santé publique entendent suivre de près la situation. Il est cependant trop tôt pour déterminer quelles actions pourraient être prises quant à l’encadrement de cette activité, d’autant que certains aspects législatifs relèvent du gouvernement fédéral et d’autres du gouvernement provincial. « Si, à travers notre enquête, on identifie un produit en cause dans les composés vendus au Québec, on va l’interdire », a souligné le Dr Arruda.

Le premier cas canadien de maladie respiratoire liée au vapotage a été signalé la semaine dernière en Ontario. Il s’agissait d’un adolescent.