L'obésité abdominale sévit aussi chez les enfants

L’obésité abdominale découle de multiples facteurs, dont l’alimentation, la génétique, la sédentarité et divers facteurs environnementaux.
Photo: iStock L’obésité abdominale découle de multiples facteurs, dont l’alimentation, la génétique, la sédentarité et divers facteurs environnementaux.

L’expansion du tour de taille, associée au risque accru de certaines maladies chez les Québécois, sévit aussi chez les enfants. De nouvelles recherches révèlent que des jeunes de « poids santé », mais à l’abdomen rebondi, sont eux aussi exposés à de futurs problèmes de santé.

Comme le dévoilaient des données de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) publiées mardi dans Le Devoir, l’obésité abdominale a bondi depuis 40 ans, et le tour de taille moyen des Québécois a pris 8 centimètres depuis 1990. Or, l’excès de tissus adipeux à l’abdomen et ses conséquences s’observent aussi chez les enfants.

Une recherche menée au CHU Sainte-Justine auprès de 630 jeunes patients de 8 à 10 ans de poids normal démontre que ceux-ci sont aussi aux prises avec cette forme d’obésité atypique, peu prise en compte dans le diagnostic du syndrome métabolique menant aux maladies cardiovasculaires ou au diabète de type 2.

Selon la pédiatre et endocrinologue Mélanie Henderson du CHU Sainte-Justine, il est clair que ces enfants non obèses, mais à risque de développer des maladies associées à l’obésité, comme le diabète, passent actuellement sous le radar de nombreux médecins.

« L’obésité marche souvent main dans la main avec le tour de taille. Mais dans notre recherche, nous avons constaté que des jeunes de poids normal présentaient aussi des facteurs de risques, dont le tour de taille, qui était parmi les plus importants », explique-t-elle.

Obésité invisible

Parmi ces jeunes, nés d’un parent obèse, 50 à 60 % de ceux affichant un seul des facteurs de risque associé au diabète avaient un tour de taille excessif, malgré leur poids normal. C’était le cas de 80 % des enfants cumulant deux facteurs de risque.

Histoire de mesurer l’incidence de cette particularité, après deux ans de suivi, ces jeunes de « poids santé » ont vu leur sensibilité à l’insuline chuter de 15 à 20 % (pour ceux présentant un seul facteur de risque) et dégringoler de 30 % chez ceux comptant deux facteurs de risque.

« Ces jeunes n’auraient jamais été décelés lors d’un suivi normal. Donc, même chez des jeunes de poids standard, on voit que le tour de taille est un facteur ayant un grand impact sur l’état futur de santé », affirme la Dre Henderson, dont les résultats ont été publiés dans Pediatric Diabetes.

Cela dit, l’obésité abdominale découle de multiples facteurs, dont l’alimentation, la génétique, la sédentarité et divers facteurs environnementaux, ajoute l’endocrinologue. Il reste maintenant à mieux comprendre pourquoi des enfants de poids normal développent cet excès de graisses dans l’abdomen, posant un risque pour leur santé.

« C’est assez nouveau comme concept, insiste cette spécialiste. C’est inquiétant, car on peut manquer ces patients lors d’un suivi médical régulier. »

Chez les adultes, l’étude publiée cette semaine révélait que jusqu’à 20 % des Québécois non obèses risquaient de développer un syndrome métabolique en raison d’un tour de taille excessif. À ce titre, le tour de taille est considéré comme un meilleur facteur prédictif de problèmes de santé que l’indice de masse corporelle (IMC), utilisé pour fixer le poids « santé ».

1 commentaire
  • Raymond Labelle - Abonné 21 août 2019 05 h 33

    Obésité abdominale chez les non-obèses: que faire?

    On peut réussir à perdre globalement du poids, mais pas nécessairement de façon ciblée quant à la partie du corps où on veut en perdre.

    Que faire si on a un poids santé ou proche du poids santé mais que l'on est affecté par l'obésité abdominale?

    La question semble difficile lorsqu'on lit cet extrait: "Il reste maintenant à mieux comprendre pourquoi des enfants de poids normal développent cet excès de graisses dans l’abdomen, posant un risque pour leur santé."

    On pourrait croire que la question n'est pas tout à fait résolue quant aux personnes de tous âges.