Feu vert à une action collective contre les pilules contraceptives Yasmin et Yaz

Bayer fait déjà face à d’autres recours collectifs intentés en Ontario et en Saskatchewan. La compagnie a aussi réglé à l’amiable plusieurs poursuites aux États-Unis.
Photo: Ina Fassbender Agence France-Presse Bayer fait déjà face à d’autres recours collectifs intentés en Ontario et en Saskatchewan. La compagnie a aussi réglé à l’amiable plusieurs poursuites aux États-Unis.

Le feu vert vient d’être donné à une action collective contre le géant pharmaceutique Bayer au Québec visant à dédommager les femmes qui ont pris ou se sont fait prescrire les pilules contraceptives Yasmin ou Yaz.

Selon l’action, intentée par le bureau d’avocats Siskinds Desmeules, la prise de ces contraceptifs oraux de quatrième génération augmenterait les risques de développer une thrombose artérielle, une maladie thromboembolique veineuse, une embolie pulmonaire ou encore une maladie de la vésicule biliaire. Toujours selon cette action, Bayer ne se serait pas assuré de l’innocuité de ces contraceptifs oraux et n’aurait pas « avisé adéquatement » la communauté médicale et les patientes au sujet des risques pour la santé associés à ceux-ci.

L’action collective vise ainsi à obtenir une compensation financière de la part de l’entreprise pharmaceutique pour toutes les femmes résidant au Québec qui auraient subi des « préjudices physiques, matériels et moraux [découlant] de la consommation de Yasmin et/ou de Yaz » depuis leur arrivée sur le marché — respectivement en 2004 et 2009 — et le 30 novembre 2011.

La demande d’autorisation d’exercer cette action collective avait été initialement déposée le 19 août 2010 par le bureau d’avocats. Si elle est aujourd’hui autorisée, le tribunal n’a pas encore statué si Bayer avait commis une faute dans ce dossier. L’entreprise conteste d’ailleurs cette action, précise le bureau d’avocats Siskinds Desmeules.

Bayer fait déjà face à d’autres actions collectives intentées en Ontario et en Saskatchewan. La compagnie a aussi réglé à l’amiable plusieurs poursuites aux États-Unis.

En 2011, Santé Canada s’est notamment penché sur l’innocuité de ces pilules contraceptives, répertoriant en tout quelque 600 effets indésirables chez les utilisatrices. « L’examen a aussi permis de déterminer que ces produits peuvent être associés à un risque de caillots sanguins 1,5 à 3 fois plus élevé que d’autres contraceptifs oraux », concluait l’organisme fédéral.

Deux ans plus tard, Santé Canada révélait que Yasmin et Yaz pourraient avoir un lien avec la mort d’au moins 23 Canadiennes, dont une âgée de seulement 14 ans. La plupart sont décédées des suites de la formation d’un caillot sanguin. Santé Canada avait toutefois jugé difficile de déterminer avec certitude si un effet indésirable est la conséquence directe de la prise d’un médicament donné, puisque d’autres facteurs peuvent entrer en compte.