Vapotage: plus de boutiques autour des cégeps

L’étude de l’INSPQ révèle qu’une proportion plus grande d’établissements d’enseignement collégial que d’enseignement secondaire est située à proximité d’au moins un point de vente.
Photo: Elaine Thompson Associated Press L’étude de l’INSPQ révèle qu’une proportion plus grande d’établissements d’enseignement collégial que d’enseignement secondaire est située à proximité d’au moins un point de vente.

Plus il est facile de mettre la main sur des produits de vapotage, plus la consommation de ces produits chez les jeunes augmente, suggèrent certaines études scientifiques sur la cigarette électronique. D’où l’importance de circonscrire les régions du territoire québécois où les points de vente spécialisés sont les plus présents autour des institutions d’enseignement collégial et secondaire, suggère une étude de l’Institut national de santé publique du Québec, qui paraît cette semaine.

« À notre connaissance, il s’agit de la première étude qui fait une géolocalisation des boutiques spécialisées au Québec, ce qui constitue un angle moins exploré de la recherche au Québec et au Canada.

Ce document constitue une étape intermédiaire dans le développement des connaissances sur le vapotage », soutient Pascale Bergeron, coauteure (avec Éric Robitaille et Maxime Houde) de l’étude Accessibilité géographique aux commerces spécialisés en produits de vapotage autour des établissements d’enseignement secondaire et collégial du Québec.

Au total, 299 points de vente spécialisés en produits de vapotage ont été identifiés à l’échelle de la province. Ces commerces sont plus nombreux dans les régions sociosanitaires de Montréal (46), de la Montérégie (46), des Laurentides (32) et de la Capitale-Nationale (32).

L’étude de l’INSPQ révèle qu’une proportion plus grande d’établissements d’enseignement collégial que d’enseignement secondaire est située à proximité d’au moins un point de vente, et que près de la moitié (48,8 %) des établissements d’enseignement est située dans un rayon de 1000 mètres d’au moins un point de vente spécialisé.

Ce premier portrait, centré uniquement sur les commerces spécialisés en produits de vapotage, devra être complété par l’examen de l’accessibilité des jeunes aux commerces non spécialisés qui vendent des cigarettes électroniques (comme les dépanneurs, les stations-service…).

Par la suite, il sera possible d’analyser les liens éventuels entre l’accessibilité géographique à ces commerces et l’utilisation des produits de vapotage par les jeunes du Québec.

Le vapotage sous la loupe

« Aux États-Unis, certaines études ont démontré l’association entre l’accès géographique à des commerces de produits de vapotage et une augmentation au niveau de la consommation et l’expérimentation », souligne Pascale Bergeron, qui reconnaît comment dans une perspective de santé publique, le défi est grand de protéger les jeunes sans toutefois limiter l’accès à la cigarette électronique pour les fumeurs adultes qui cherchent des options pour abandonner le tabagisme.

« S’il existait un registre qui répertorierait les permis de vente de ce type de produits, il serait plus facile d’avoir un portrait constamment mis à jour de ces produits et d’observer l’évolution de la consommation. »

L’arrivée récente de nouveaux produits de vapotage attrayants et forts en nicotine comme JUUL motive les chercheurs en santé publique à se pencher sur la hausse chez les jeunes du vapotage.

Si la recherche en santé publique s’est penchée sur la publicité des produits de vapotage et ciblée vers un jeune public et la dépendance que peuvent entraîner certains de ces produits forts en nicotine, l’accès géographique demeure une question encore peu explorée, qui comporte aussi certains défis et limites.

« Il faut aussi considérer le fait que ces produits sont disponibles par le commerce en ligne. Dans tel contexte, il peut être plus difficile de faire appliquer les lois sur l’âge et la publicité. »