Les jeunes Canadiens de plus en plus accros au vapotage

Une meilleure régulation sur la vente de la cigarette électronique permettrait de mieux cibler la portée d’un tel produit, selon un chercheur.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Une meilleure régulation sur la vente de la cigarette électronique permettrait de mieux cibler la portée d’un tel produit, selon un chercheur.

De nouveaux joueurs comme le « JOOL », qui happent l’attention des ados grâce à leurs designs attirants, des saveurs adaptées au goût des jeunes (comme la pâte à biscuits, ou le beurre d’arachide) et des campagnes de publicité dans les réseaux sociaux, sont pointés du doigt comme responsables de l’essor du vapotage. La forte concentration de nicotine de ces cigarettes électroniques est susceptible de créer une dépendance chez les jeunes, exprime David Hammond.

« Même si le vapotage ne mène pas automatiquement au tabagisme, il est inquiétant de voir une nouvelle génération de jeunes devenir accros à des produits. »

Du côté de la Société canadienne du cancer, on s’inquiète surtout du recul des progrès de la lutte contre le tabagisme. Selon Rob Cunningham, analyste principal à la SCC, de nouveaux règlements pour contrôler la publicité des produits de vapotage, devront être mis en vigueur par le gouvernement fédéral. « Imperial Tobacco et JTI McDonald se sont tournés vers le marché de la cigarette électronique. Ils sont reconnus par les tribunaux comme des experts pour créer des pubs alléchantes pour les jeunes », s’inquiète Rob Cunningham, qui souhaite qu’à l’instar de plusieurs états américains, le Canada élève à 21 ans l’âge limite pour se procurer des produits du tabac et de vapotage.

Le Québec, moins tolérant envers la cigarette électronique

« La cigarette électronique est considérée comme un produit du tabac et donc les mêmes règles de non-publicité/promotion, non-étalages des produits et interdiction de vente aux mineurs s'appliquent. Cette étude vient confirmer qu'il est nécessaire de poursuivre cet encadrement et son application rigoureuse. Notons aussi que la Loi concernant la lutte contre le tabagisme du Québec est la plus restrictive au Canada en ce qui concerne le vapotage », partage Noémie Vanheuverzwijn, porte-parole du Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. En mai dernier, le MSSS est allé en appel de la décision de la Cour supérieure qui avait déclaré inopérantes certaines dispositions de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme et son Règlement d’application à l’égard de la cigarette électronique.

Selon le chercheur David Hammond, une meilleure régulation sur la vente de la cigarette électronique permettrait de mieux cibler la portée d’un tel produit, dont la distribution devrait être l’exclusivité des boutiques spécialisées et réservées aux adultes. « Elles peuvent aider les fumeurs adultes qui essaient d’arrêter de fumer. Je ne pense pas qu’il faille bannir ces produits, mais il faudra trouver moyen de rejoindre le marché cible, en évitant de créer une nouvelle génération de fumeurs. »