350 emplois permanents créés pour réduire les listes d’attente en protection de la jeunesse

Le nombre d’enfants sur la liste d’attente de la DPJ de Montréal a atteint un record de 330 cette semaine.
Photo: Getty Images Le nombre d’enfants sur la liste d’attente de la DPJ de Montréal a atteint un record de 330 cette semaine.

Pour mettre les bouchées doubles afin de réduire les listes d’attente et d’améliorer les services aux enfants en besoin de protection, pas moins de 350 postes à statut précaire seront convertis en postes permanents au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal et 50 postes seront ouverts à l’externe pour prêter main-forte au personnel en place.

Cette mesure exceptionnelle, qui contourne les règles syndicales habituelles liées à l’affichage et à l’ancienneté par établissement, a été lancée d’un commun accord par la direction de ce CIUSSS et du syndicat local de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) dans le but de contrer le problème criant de rétention et de recrutement des employés qui s’occupent des plus vulnérables.

Alors que le nombre d’enfants sur la liste d’attente de la DPJ de Montréal a atteint un record de 330 cette semaine, explique la directrice de la DPJ du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, Assunta Gallo, cette entente permettra de stabiliser à court terme les équipes et de conserver l’expertise pour assurer la prise en charge adéquate des enfants dans le besoin. L’entente prévoit aussi l’ouverture de 50 postes à l’externe pour atténuer la charge de travail du personnel en place.

Ça signifie que toutes les personnes à statut précaire qui travaillent déjà dans nos équipes auront un poste dans ces équipes. L’entente [avec le syndicat] permettra d’aller chercher des candidats hors de l’établissement et de garder des stagiaires.

« Ça va nous permettre d’aller chercher de nouveaux employés, et de garder les gens les plus expérimentés et les plus aptes à répondre aux besoins des enfants. Ça va aussi améliorer de beaucoup les conditions de travail des intervenants », a-t-elle dit.

Roulement de personnel

Confrontés à de sérieux problèmes de roulement de personnel en raison de congés de maladie, le CIUSSS montréalais et le syndicat ont décidé de passer outre les règles usuelles, devenues inadéquates dans le contexte actuel.

Le CIUSSS, qui a une mission régionale, voit aussi ses employés sollicités par d’autres centres de services intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) à la recherche active de personnel expérimenté.

« Le recours aux listes de rappel génère beaucoup d’instabilité. Le besoin est réel. Même si on embauche à l’externe, il y aura toujours des postes à combler. Ce que nous voulons, c’est donner un ancrage aux employés et assurer plus de continuité dans les services aux enfants », a expliqué Simon Dubé, président du syndicat local, pour l’APTS.

« Ça signifie que toutes les personnes à statut précaire qui travaillent déjà dans nos équipes auront un poste dans ces équipes. L’entente permettra d’aller chercher des candidats hors de l’établissement et de garder des stagiaires », a ajouté Mme Marie-Claude Lévesque, directrice aux communications pour le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, qui espère que cette entente inspirera d’autres établissements de santé et de services sociaux.

À terme, l’accord permettra de rehausser le statut d’emploi de quelque 500 employés salariés à statut précaire — dont 350 dans les programmes jeunesse et à la DPJ — parmi les 1500 travaillant dans le secteur psychosocial au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.