Résidences pour aînés: une hausse de salaire réclamée

Les Teamsters demandent au gouvernement d’imposer un décret forçant les propriétaires des résidences privées à payer leurs travailleurs autant que leurs collègues du réseau public.
Photo: Jean-Sebastien Evrard Agence France-Presse Les Teamsters demandent au gouvernement d’imposer un décret forçant les propriétaires des résidences privées à payer leurs travailleurs autant que leurs collègues du réseau public.

Le syndicat des Teamsters, le Parti québécois et Québec solidaire demandent au gouvernement d’imposer par décret des meilleurs salaires au personnel des résidences privées pour aînés.

« Si on veut que les gens soient bien traités dans les résidences privées, il faut que les travailleurs des résidences privées ne soient pas traités comme des travailleurs de seconde zone », plaide Stéphane Lacroix, porte-parole des Teamsters, qui représentent un millier d’employés travaillant dans les résidences privées pour aînés.

Les faibles salaires aggravent la pénurie de main-d’oeuvre et contribuent à la détérioration des soins offerts, fait valoir le syndicat. « Les gens sont à bout de force, il faut que ça change maintenant. »

Les Teamsters demandent au gouvernement d’imposer un décret forçant les propriétaires des résidences privées à payer leurs travailleurs autant que leurs collègues du réseau public.

« On a entre quatre ou cinq dollars de différence entre les préposés aux bénéficiaires au privé par rapport au public », précise M. Lacroix, soit l’équivalent de 16 $ en moyenne dans le privé par rapport à 21 $ dans le public.

Son syndicat fera la demande officiellement mardi matin, à l’Assemblée nationale, aux côtés de Québec solidaire et du Parti québécois, qui appuient tous les deux la demande.

« C’est dans les résidences privées que les conditions sont les plus dangereuses », note Catherine Dorion, députée solidaire de Taschereau. « C’est tellement insoutenable que personne ne veut travailler là. »

« Il faut faire quelque chose, ça n’a pas de sens », dit quant à lui Harold Lebel, député du Parti québécois de Rimouski. « Les préposés sont débordés, les conditions de travail ne sont pas bonnes, c’est sûr que ça n’attire pas de monde. »

Avant l’automne

Le gouvernement de la Coalition avenir Québec est sous pression depuis son élection dans ce dossier. Jusqu’à présent, il s’est refusé à intervenir directement sur les salaires des préposés, en faisant valoir que cela serait débattu de toute façon à l’automne dans le cadre des négociations des contrats de travail du personnel de l’État, des réseaux de la santé et de l’éducation.

Or, aux yeux des Teamsters, l’attente est trop longue. « On entend la ministre Marguerite Blais dire depuis des mois qu’il faut prendre soin de nos aînés », souligne le porte-parole. « Fort bien, mais pour ça, il faut que le gouvernement mette son poing sur la table. »

Dans le budget de mars, le gouvernement avait annoncé que des dizaines de millions de dollars seraient investis cette année pour faire de nouvelles embauches dans les CHSLD.

Or selon les Teamsters, ça ne donne rien si les postes n’attirent pas de candidats. « Il faut régler le problème en amont », plaide M. Lacroix.

Pourquoi ne pas plutôt interpeller les propriétaires de résidences privées directement ? « Parce que le gouvernement donne des sous aux résidences privées », répond le syndicaliste. « Les propriétaires, eux, disent qu’ils n’ont pas d’argent. À un moment donné, il faut que quelqu’un prenne ses responsabilités là-dedans. »