La mort d’un adolescent souligne les lacunes du système de dons d’organe

Selon David Hartell, directeur général du Programme national de recherche en transplantation, le Canada se priverait de milliers de dons chaque année.
Photo: Laurie Skrivan/St. Louis Post-Dispatch via AP Selon David Hartell, directeur général du Programme national de recherche en transplantation, le Canada se priverait de milliers de dons chaque année.

L’histoire d’un adolescent néo-brunswickois décédé dans un accident de voiture le mois dernier révèle les lacunes du système de don d’organes, déplore un expert, qui croit que le Canada pourrait se priver de milliers de dons chaque année.

Chaque année, environ 4000 Canadiens décédés pourraient devenir des donneurs d’organes, mais seulement 800 finissent par le faire, selon David Hartell, directeur général du Programme national de recherche en transplantation du Canada.

Selon lui, le cas du jeune Avery Astle met en lumière la triste réalité des dons d’organes au Canada. Les parents de l’adolescent de 16 ans ont raconté au réseau anglais de Radio-Canada qu’ils avaient voulu donner les organes et les tissus de leurs fils, qui était mort dans un accident. Ils se sont toutefois fait dire qu’aucun membre de l’équipe spécialisée dans les dons n’était disponible.

La directrice administrative du Programme d’organes et de tissus du Nouveau-Brunswick, Nadya Savoie, a expliqué cette situation par le roulement important dans l’équipe, ce qui a affecté les services le jour où le jeune Avery et ses trois amis sont morts à Miramichi.

M. Hartell affirme que ce qui est arrivé à cette famille est un phénomène beaucoup trop courant. « La plupart des Canadiens pensent que c’est simple, que lorsque vous signez votre carte, vous devenez un donneur d’organes, mais la réalité est qu’il s’agit d’un système beaucoup plus compliqué et que les chances que cela se produise sont incroyablement rares », a-t-il soutenu en entrevue téléphonique. Seul un nombre relativement restreint de circonstances médicales répond aux critères de don, ce qui souligne l’importance de recevoir chacun d’entre eux, a-t-il indiqué.

M. Hartell suggère aux hôpitaux de suivre le nombre de donneurs potentiels qui sont décédés dans leurs unités de soins intensifs. Et ils devraient être tenus pour responsables s’ils ne consultent pas les familles au sujet des dons éventuels, a-t-il ajouté.