Le coût des nouveaux médicaments explose

Les nouvelles molécules «créent une pression financière absolument extraordinaire sur le CHU de Québec», a affirmé son nouveau p.-d.g. mercredi.
Photo: Getty Images Les nouvelles molécules «créent une pression financière absolument extraordinaire sur le CHU de Québec», a affirmé son nouveau p.-d.g. mercredi.

Le coût de nouveaux médicaments crée une forte pression sur le budget des hôpitaux, selon le nouveau patron du CHU de Québec, Martin Beaumont.

Les nouvelles molécules « créent une pression financière absolument extraordinaire sur le CHU de Québec », a affirmé son nouveau p.-d.g. mercredi. « Actuellement, les prévisions liées aux médicaments sont absolument exponentielles. »

Le Centre hospitalier de Québec (CHU) – Université Laval regroupe tous les hôpitaux de la capitale. Il gère annuellement un budget de 1,2 milliard de dollars et dessert tout l’est du Québec et une partie du Nouveau-Brunswick.

Pour la première fois en dix ans, il fait face à un déficit budgétaire majoritairement causé par l’ajout de nouveaux médicaments, soit 13 millions des 24 millions de déficit prévus, a signalé M. Beaumont.

Ces dépenses découlent de l’ajout de nouveaux médicaments et traitements « à la fine pointe » sur la liste des traitements couverts par la Régie de l’assurance maladie, a-t-il expliqué.

Normalement, ces médicaments sont payés à 100 % par le ministère de la Santé. Or le p.-d.g. du CHU, Martin Beaumont, craint que le nombre de prescriptions sur le terrain dépasse les prévisions prévues par le ministère de la Santé dans ses budgets.

Il donne l’exemple du Spinraza, un nouveau médicament autorisé depuis décembre par l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS). Le Spinraza permet de soulager les patients souffrant d’amyotrophie spinale, dont beaucoup d’enfants.

Le traitement « fait de grandes différences », souligne le gestionnaire, en soulignant qu’il a permis à certains enfants de marcher de nouveau. Or il coûte 1 million par personne la première année et ensuite, 300 000 $ par an à vie.

Bref, la facture grimpe vite. « J’ai 23 enfants qui attendent actuellement le traitement de Spinraza, qui sont en train de l’obtenir, et à peu près 25 adultes. »

Outre le Spinraza, les médicaments qui pèsent sur le budget sont principalement des molécules pour traiter des cancers. C’est le cas du Keytruda, un médicament qui permet de traiter les cancers du poumon et de la peau. Autorisé depuis 2017, ce nouveau médicament a coûté 4,4 millions l’an dernier au CHU de Québec.

Bons mots pour Gertrude Bourdon

M. Beaumont, qui est en poste depuis le 21 janvier, succède à Gertrude Bourdon, qui avait quitté sa position de p.-d.g. pour se lancer en politique. Le nouveau patron n’avait par ailleurs que de bons mots pour sa prédécesseure mercredi, saluant son parcours sans fautes de gestionnaire.

Précédemment, M. Beaumont dirigeait le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Mauricie.

Mercredi, il a dit que la « qualité de vie du personnel » du CHU de Québec faisait partie de ses priorités et qu’il compte multiplier les efforts pour garder les infirmières et les préposés aux bénéficiaires qui travaillent déjà pour l’organisation.

Cette année, le CHU a réussi à recruter 1524 personnes de plus, mais 1442 sont parties. Le p.-d.g. estime avoir besoin de 300 infirmières de plus et de 250 préposés aux bénéficiaires.