Un cas de rougeole au CUSM

La direction du CUSM estime que les risques de contagion sont très faibles.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La direction du CUSM estime que les risques de contagion sont très faibles.

Le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) saura d’ici 48 heures si des personnes, parmi une centaine de patients et d’employés entrés en contact avec un employé atteint du virus de la rougeole à la fin mars, ont pu être infectées. La direction du CUSM s’est toutefois faite rassurante lundi, estimant « très faibles » les probabilités de contagion.

Des tests sérologiques ont été demandés lundi à quelques personnes qui se sont trouvées en présence de l’employé infecté entre le 23 et le 27 mars, et qui n’avaient pas de preuve de vaccination contre la rougeole.

Selon toute vraisemblance, l’employé en question aurait contracté le virus lors d’un voyage dans les Caraïbes, et aurait développé des symptômes seulement trois semaines plus tard, même s’il avait déjà reçu le vaccin, comme le prévoient les règles pour toute personne travaillant au CUSM, a indiqué lundi la Dre Marie-Astrid Lefebvre, spécialiste des maladies infectieuses au CUSM.

Un rare cas

La spécialiste du CUSM a expliqué lundi qu’une infection peut se développer « dans de très rares cas », même chez les personnes vaccinées, notamment parce que les anticorps de certains individus diminuent avec l’âge.

Pendant cinq jours, l’employé présentait des symptômes « atypiques » et s’est rendu malgré tout au travail. Durant cette période, il a côtoyé du personnel, des patients et des étudiants des unités de soins intensifs et des cliniques de chirurgie cardiaques, de maladies cardio-vasculaires, d’insuffisance cardiaque, de transplantation cardiaque et de maladies infectieuses du secteur adulte du CUSM. La maladie n’a été diagnostiquée qu’après l’apparition d’une importante éruption cutanée, typique de la rougeole.

Les patients toujours hospitalisés et vulnérables qui ont pu être en contact avec l’employé contagieux étaient pour la plupart déjà vaccinés contre la rougeole, a précisé la porte-parole du CUSM, et des tests ont été prescrits chez ceux qui ne pouvaient en fournir la preuve.

Ce n’est que le 5 avril que le CUSM a été informé par la Direction de la santé publique de la présence d’un cas confirmé de rougeole — une maladie à déclaration obligatoire — chez l’un de ses employés. La liste de tous les patients, employés et étudiants potentiellement exposés — environ une centaine — a été dressée depuis durant la fin de semaine et leur statut immunitaire vérifié, a indiqué la Dre Lefebvre. Des lettres recommandées ont aussi été envoyées aux patients renvoyés dans la communauté pour les aviser des mesures à prendre en cas de symptômes. Une ligne téléphonique a aussi été mise à la disposition du public.

« Nous n’avons aucune transmission secondaire à ce jour et nous sommes dans la période d’incubation où on s’attendrait à avoir des cas », a expliqué la Dre Lefebvre, précisant que le CUSM restera sur le qui-vive jusqu’à la fin de la période d’incubation, fixée au 17 avril. La période d’incubation moyenne du virus de la rougeole, est de 7 à 15 jours, mais peut aller jusqu’à 21 jours.

« Ce qui est rassurant, c’est que [cette personne] avait des contacts très limités avec les patients », a dit la Dre Lefebvre.

Récemment, le niveau d’inquiétude face à la rougeole — une maladie presque éradiquée depuis la mise au point d’un vaccin — est monté d’un cran au Canada en raison de la détection de deux cas dans la région d’Ottawa et du relâchement observé dans le taux de vaccination de certaines couches de la population.