Les infirmières resteront au travail

Le Tribunal administratif du travail a mis un frein à la grève des heures supplémentaires obligatoires. 
Photo: iStock Le Tribunal administratif du travail a mis un frein à la grève des heures supplémentaires obligatoires. 

Les infirmières ne pourront finalement faire une « journée normale de travail » lundi prochain. Le Tribunal administratif du travail leur ordonne d’accepter sans condition toute demande d’heures supplémentaires obligatoires et d’ainsi tirer un trait sur la grève prévue le 8 avril.

« L’action concertée de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), prévue le 8 avril 2019, risque de porter préjudice ou est susceptible de porter préjudice à un service auquel le public a droit », a statué le tribunal dans une décision rendue vendredi après-midi.

La FIQ — qui représente quelque 76 000 infirmières, infirmières auxiliaires et autres professionnels en soins — doit ainsi indiquer à ses membres d’accepter de faire des heures supplémentaires sans condition « lors de situations urgentes et exceptionnelles, comme en temps normal, sous réserve de leurs obligations déontologiques » lundi prochain.

Dans sa décision, le Tribunal administratif du travail précise aussi prendre acte du fait que les établissements de santé auront, quant à eux, « pris tous les moyens et mesures nécessaires » pour éviter de recourir aux heures supplémentaires.

La FIQ avait appelé à une journée nationale le 8 avril sans heures supplémentaires obligatoires, une pratique devenue un quotidien plutôt qu’une situation d’urgence, selon le syndicat. Cette action se voulait ainsi un « électrochoc pour tous les gestionnaires du réseau ».

Mais deux jours plus tard, le Tribunal administratif du travail a convoqué de sa propre initiative — en vertu d’un article du Code du travail — la FIQ et la partie patronale pour une séance de conciliation.

Puisque les deux parties ne sont pas parvenues à une entente, le Tribunal a tranché la question.

« Une victoire »

De son côté, la FIQ se dit « extrêmement satisfaite » de la décision rendue et parle même d’une « victoire ». « Une juge reconnaît enfin que les heures supplémentaires obligatoires doivent être utilisées lors de situations urgentes et exceptionnelles. C’est une belle victoire pour la FIQ et les professionnelles en soins du réseau de la santé », a déclaré la présidente du syndicat, Nancy Bédard.

La journée d’action du 8 avril n’est pas remise en question, dit-elle, puisque les gestionnaires ne pourront avoir recours aux heures supplémentaires qu’en cas de situation exceptionnelle. « On entend par là des situations imprévues, inattendues. On a prévenu que les infirmières refuseront de faire des heures supplémentaires obligatoires le 8 avril, donc les gestionnaires ont eu le temps de s’organiser. Et je peux déjà vous dire qu’ils se sont mis eux-mêmes à l’horaire dans plusieurs établissements », précise Mme Bédard en entrevue avec Le Devoir.

Déterminée, la présidente de la FIQ assure que d’autres journées d’action auront lieu s’il le faut. « On ne lâchera pas tant qu’il n’y aura pas des engagements de la part de la ministre [de la santé, Danielle McCann] et du changement sur le terrain. C’est une question de survie du réseau public », insiste-t-elle.