Des médecins dans la rue contre les armes à feu

Le personnel de centres hospitaliers, à Montréal comme dans d’autres villes au Canada, a manifesté mercredi pour le bannissement de certains types d’armes à feu et un meilleur contrôle des autres. Médecins et infirmières sont à même de constater tout le mal que peuvent causer ces armes.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le personnel de centres hospitaliers, à Montréal comme dans d’autres villes au Canada, a manifesté mercredi pour le bannissement de certains types d’armes à feu et un meilleur contrôle des autres. Médecins et infirmières sont à même de constater tout le mal que peuvent causer ces armes.

Médecins, infirmières, urgentologues et chirurgiens sont descendus mercredi dans les rues d’une quinzaine de villes canadiennes, dont Montréal, pour réclamer un contrôle plus strict des armes à feu.

« On reçoit des personnes blessées par balles chaque semaine [à l’Hôpital général de Montréal]. Chaque fois, ce sont des actes violents qui auraient pu être évités. Il faut que le gouvernement prenne des mesures », s’est indigné le chirurgien traumatologue Jeremy Grushka, qui assistait au rassemblement dans la métropole québécoise.

Les participants se sont réunis à l’Hôpital général de Montréal avant de se mettre en marche vers la Faculté de médecine de l’Université McGill.

Environ 20 % des patients décèdent de leurs blessures par balles, malgré tous nos efforts pour les sauver

Cette journée d’action nationale est organisée par la coalition Médecins canadiens pour une protection contre les armes à feu, qui s’est formée en février et réunit divers professionnels de la santé.

Ces derniers pressent le gouvernement fédéral d’adopter le projet de loi C-71, qui renforce l’encadrement de la commercialisation et de la possession des armes à feu. Les manifestants vont toutefois plus loin et réclament une interdiction des armes de poing et des armes d’assaut.

Cette journée de mobilisation à travers le pays a lieu alors que le Comité sénatorial de la sécurité nationale et de la défense se penche sur le projet de loi C-71.

Le ministre de la Sécurité frontalière et de la Réduction du crime organisé, Bill Blair, a d’ailleurs indiqué mercredi avoir terminé sa consultation sur le resserrement du contrôle des armes à feu. Il devrait faire des recommandations au cabinet et au premier ministre Justin Trudeau d’ici la fin de la session parlementaire en juin.

« Crise de santé publique »

Premiers témoins des ravages physiques et moraux occasionnés par les armes à feu — alors que de plus en plus de patients touchés par balles se retrouvent dans leurs salles d’opération —, les professionnels de la santé dénoncent « une crise de santé publique ».

« Il faut se questionner collectivement sur la présence des fusils et qu’on réalise qu’ils tuent de nombreuses personnes. Environ 20 % des patients décèdent de leurs blessures par balle, malgré tous nos efforts pour les sauver », indique de son côté le chef de traumatologie au Centre universitaire de santé McGill (CUSM), Tarek Razek. Il rappelle que le nombre de crimes violents par arme à feu a augmenté de 42 % entre 2013 et 2017 au Canada.