L’implant, nouvelle option pour traiter les dépendances aux opioïdes

Santé Canada a approuvé l’implant en avril 2018, deux ans après l’approbation aux États-Unis.
Photo: Spencer Platt Getty Images / AFP Santé Canada a approuvé l’implant en avril 2018, deux ans après l’approbation aux États-Unis.

Les Canadiens dépendants aux opioïdes pourraient être admissibles à un implant qui fournit une faible dose continue de médicaments pendant six mois, avec la possibilité d’un traitement pouvant aller jusqu’à un an lorsqu’un nouvel implant est placé dans le bras opposé.

La procédure implique que des médecins formés insèrent des bâtonnets de la taille d’une allumette sous la peau, contenant chacun le médicament buprénorphine.

Santé Canada a approuvé l’implant en avril 2018, deux ans après l’approbation aux États-Unis. Il est commercialisé sous la marque Probuphine et est le premier implant de ce type destiné au traitement de la dépendance aux opioïdes.

La docteure Seonaid Nolan, chercheuse au Centre sur l’usage de substances de la Colombie-Britannique et médecin en toxicomanie à l’Hôpital St. Paul’s de Vancouver, a déclaré que l’implant constituait une autre option de traitement aux côtés de médicaments comprenant la buprénorphine (Suboxone) et la méthadone.

Mme Nolan a fait valoir qu’il n’y avait pas de « solution unique pour inverser la crise des opioïdes », et qu’il était important d’avoir plusieurs solutions de traitement.

Dosage régulier

Le principal avantage de l’implant est qu’il élimine certains obstacles, comme le fait pour des patients d’avoir à se souvenir de prendre leur dose quotidienne de Suboxone, ce qui peut constituer un défi pour des toxicomanes également aux prises des problèmes tels que la pauvreté, le manque de logement et le chômage, a-t-elle fait valoir.

L’implant éliminerait également la nécessité pour les patients de prendre un médicament sous surveillance, du moins au début, afin de garantir la conformité et de gérer les risques de détournement ou d’utilisation abusive.

L’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS), qui examine tous les médicaments et les dispositifs approuvés par Santé Canada, a déclaré dans un communiqué qu’elle recommandait aux régimes provinciaux d’assurance médicaments de rembourser le coût de l’implant aux patients dont l’état a été stabilisé avec un maximum de 8 mg de buprénorphine.

Le comité d’experts en médicaments de l’agence a affirmé que le coût de l’implant ne devrait pas surpasser le coût total du régime d’assurance médicaments associé à la buprénorphine à une dose ne dépassant pas huit milligrammes par jour.

Examen

Le ministère de la Santé de la Colombie-Britannique, la province la plus touchée par la crise de surdose, avec plus de 3000 morts au cours des deux dernières années, a déclaré qu’un conseil indépendant procédait à un examen de l’implant avant de déterminer si les coûts seraient assumés par la province.

La société montréalaise Thérapeutique Knight a obtenu une licence d’une société américaine pour commercialiser et distribuer le produit au Canada.

La présidente de Thérapeutique Knight, Samira Sakhia, a affirmé que le coût serait de 1495 $ par implant, soit l’équivalent de six mois de traitement avec la Suboxone. La société a formé des médecins pour l’insertion de l’implant dans les grandes villes canadiennes, a-t-elle soutenu.

« Nous sommes au début de notre lancement. Ce que nous essayons de faire, c’est de nous assurer que, si un médecin a un patient qui, à son avis, bénéficierait de la Probuphine, et qu’il n’a pas lui-même la formation requise, de trouver quelqu’un à proximité qui a ce qu’il faut », a-t-elle indiqué.

Mme Sakhia a affirmé qu’à ce jour, un seul patient, dans les Maritimes, avait reçu l’implant au Canada.

« C’est un produit compliqué du fait qu’il s’agit d’un implant et nous essayons de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour nous assurer que les médecins sont formés et compétents, et nous nous efforçons d’en arriver à un remboursement, car cela facilitera l’accès », a-t-elle affirmé.