Infirmières praticiennes: le délai de 30 jours pour voir un médecin est aboli

Les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) ont une maîtrise en sciences infirmières et en sciences médicales leur permettant de faire certaines interventions (suivi de grossesse, traitement de maladies chroniques, soins palliatifs).
Photo: iStock Les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) ont une maîtrise en sciences infirmières et en sciences médicales leur permettant de faire certaines interventions (suivi de grossesse, traitement de maladies chroniques, soins palliatifs).

D’ici l’adoption d’un règlement permettant officiellement aux infirmières praticiennes spécialisées (IPS) de poser des diagnostics, le délai prescrit de 30 jours pour qu’un patient consulte un médecin sera dès à présent aboli.

Le Collège des médecins en a fait l’annonce dans une note transmise à l’ensemble de ses membres et rendue publique lundi en fin de journée.

Depuis 2007, une IPS pouvait identifier un problème de santé courant et initier un traitement. Le patient devait toutefois consulter un médecin dans les 30 jours suivants pour faire confirmer le tout et obtenir un réel diagnostic.

Si ce délai est désormais aboli, les IPS ne sont pas pour autant autorisées à poser un diagnostic et devront attendre que « le Règlement sur les infirmières praticiennes spécialisées soit modifié » a tenu à préciser l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) mardi pour éviter toute confusion.

« Cela signifie qu’après avoir reçu un patient en première ligne pour l’une de ces maladies, l’IPS ne sera plus tenue de le diriger vers un médecin dans un délai de 30 jours. L’IPS doit néanmoins s’assurer d’échanger avec son médecin partenaire sur le niveau de priorité en ce qui trait à la pose du diagnostic », ajoute l’OIIQ dans une note envoyée à ses membres.

Christine Laliberté, la présidente de l’Association des infirmières praticiennes spécialisées du Québec (AIPSQ), se réjouit de « ce premier pas en avant » du Collège. « C’est une bonne chose quand même car on avait souvent du mal à respecter ce court délai. Ce n’est pas toujours facile d’obtenir un rendez-vous aussi rapidement avec un médecin ».

Plus de temps

Du côté des médecins, supprimer cette obligation de temps permettra dès à présent de libérer des plages horaires pour voir d’autres patients.

Pour le Collège, cette première mesure est aussi une façon d’officialiser la résolution adoptée vendredi dernier, selon laquelle « toutes les infirmières praticiennes spécialisées (IPS), et pas uniquement celles en première ligne, pourront [prochainement] diagnostiquer un problème de santé courant en lien avec leur spécialité [ainsi que pour] les six maladies chroniques suivantes : le diabète, l’hypertension, l’hypercholestérolémie, l’asthme, la maladie pulmonaire obstructive chronique et l’hypothyroïdie ».

« En ce moment c’est une question de vocabulaire. On ne va pas pénaliser une infirmière praticienne spécialisée qui a utilisé le mot « diagnostic » avec son patient alors que dans quelques mois elle pourra officiellement le faire. L’important c’est que le patient soit pris en charge », précise au Devoir la relationniste de presse du Collège des médecins, Caroline Langis.

Projet de règlement

Dans les faits, un changement de règlement de la pratique des IPS est nécessaire avant que celles-ci ne puissent poser un diagnostic.

Le Collège des médecins compte proposer un projet de règlement — élaboré conjointement avec l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec — lors du prochain conseil d’administration le 26 avril prochain. Il sera ensuite transmis à l’Office des professions avant d’être approuvé par le gouvernement du Québec.

« Ça va prendre quelques mois, mais on peut s’attendre à ce que ça aille vite puisque c’est quand même une volonté ministérielle d’agir rapidement dans ce dossier », croit Christine Laliberté de l’AIPSQ, estimant que d’ici le début de l’été, les IPS pourront officiellement poser des diagnostics.