Québec s’occupera des soins bucco-dentaires des enfants qui ont eu un cancer

La ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, aux côtés du jeune Jérémy Beaudoin, qui a eu un cancer
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, aux côtés du jeune Jérémy Beaudoin, qui a eu un cancer

Québec s’assurera à l’avenir de couvrir les frais des soins bucco-dentaires des enfants qui ont eu un cancer. De lourdes et coûteuses opérations leur sont souvent nécessaires après des traitements de chimiothérapie ou de radiothérapie.

La ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, en a fait l’annonce vendredi matin lors d’un point de presse au CHU Sainte-Justine, à Montréal. « Nous allons réparer cette grave injustice, a déclaré la ministre. Il est nécessaire d’alléger le fardeau des familles en donnant accès gratuitement aux services requis pour leurs enfants ».

Chaque année près de 300 enfants reçoivent un diagnostic de cancer au Québec, selon les chiffres du gouvernement. Ils sont de plus en plus nombreux à s’en sortir avec le temps, le taux de survie jusqu’à cinq ans des enfants atteints d’un cancer étant passé de 15 à 82 % dans les 30 dernières années. « Les survivants » ont par contre trois à quatre fois plus de risques que les autres enfants d’avoir des problèmes dentaires à l’âge adulte.

Les traitements médicaux requis peuvent atteindre des coûts faramineux, de l’ordre de dizaines de milliers de dollars. Or, actuellement, si la Régie de l’assurance-maladie du Québec (RAMQ) rembourse les soins dentaires de base pour les enfants de moins de 10 ans, elle ne couvre pas les soins orthodontiques ni les implants. Seuls les accidentés de la route, les accidentés du travail ou encore les victimes d’acte criminel y ont le droit.

Le programme créé par le gouvernement pour remédier à « cette injustice » entrera en vigueur le 1er avril prochain, le temps d’en déterminer les modalités. Tous les enfants — ainsi que les jeunes adultes de plus de 18 ans — qui ont besoin de tels traitements y seront admissibles, a promis Mme McCann.

« Nous avons déjà prévu une enveloppe qui devrait être suffisante. Ce qui doit être couvert sera couvert, autant au niveau de la prévention que des chirurgies et traitements de suivi nécessaires pour les survivants du cancer », a-t-elle indiqué.

Soulagement

« C’est un grand pas, un poids de moins sur nos épaules », s’est réjoui Marco Beaudoin, qui dénonçait les lacunes du système de couverture des soins dentaires par la RAMQ depuis une dizaine d’années. Son fils Jeremy, 14 ans, a survécu à un cancer qu’il a développé à l’âge de deux ans et demi. Il a dû subir des traitements de chimiothérapie et radiothérapie qui ont affecté sa mâchoire. Il devra ainsi subir une importante opération d’ici quelques années, à la fin de sa croissance, aux coûts estimés entre 40 000 et 70 000, indique M. Beaudoin.

« Mon gars s’est battu contre son cancer, moi je ne peux pas lui enlever cette opération-là. Ça voulait dire qu’il aurait fallu travailler plus et hypothéquer la maison pour pouvoir payer. Ce nouveau programme c’est un soulagement total pour toute la famille », confie le père de Jeremy.