Des découvertes génétiques récentes pourraient aider à traiter l’ostéoporose

L'ostéoporose est une maladie qui se caractérise par la diminution progressive de la solidité des os, et, par conséquent, un risque élevé de fracture. 
Photo: iStock L'ostéoporose est une maladie qui se caractérise par la diminution progressive de la solidité des os, et, par conséquent, un risque élevé de fracture. 

Avec des travaux génétiques récents sur l’ostéoporose, des chercheurs montréalais croient pouvoir ouvrir la voie à de meilleurs médicaments et traitements pour cette maladie fort commune : environ un tiers des femmes au Canada subiront au cours de leur vie une fracture liée à cette condition.

Et l’ostéoporose n’a que peu d’options de traitement pour l’instant, certains médicaments étant hors de prix, et d’autres ayant des effets secondaires qui ne sont pas appréciés des patients, a précisé en entrevue le docteur Brent Richards, chercheur principal de l’étude, qui a dirigé une équipe internationale incluant des chercheurs de Montréal oeuvrant au sein de l’Institut Lady Davis de l’Hôpital général juif.

C’est d’ailleurs là l’importance de ces résultats de recherche, qui viennent d’être publiés dans la revue Nature Genetics : trouver des traitements et médicaments et aussi déterminer qui sera affecté par cette maladie, qui se caractérise par la diminution progressive de la solidité des os, et, par conséquent, un risque élevé de fracture, a-t-il expliqué.

L’impact est particulièrement important si l’on considère le nombre d’aînés qui sont victimes de fractures de hanches, menant souvent à une hospitalisation et à une perte d’autonomie par la suite. L’ostéoporose frappe plus les femmes que les hommes, mais elle est aussi l’une des maladies chroniques reliées à l’âge les plus fréquentes chez la gent masculine.

Et le nombre de fractures liées à l’ostéoporose est appelé à augmenter — tout comme le coût des soins de santé pour les traiter — alors que la population vieillit, avertit le Dr Richards, professeur notamment en médecine et en génétique humaine à l’Université McGill.

Celui-ci, qui est aussi généticien au Centre d’épidémiologie clinique de l’Institut Lady Davis et qui traite des patients atteints d’ostéoporose dans sa pratique, a travaillé avec l’auteur principal de cette étude, le docteur John Morris, aussi de l’Institut et de l’Université McGill.

L’équipe a trimé dur pendant trois ans pour concocter une espèce d’« atlas » des influences génétiques sur l’ostéoporose, qu’ils ont identifiées.

Ils se sont servis de la biobanque du Royaume-Uni, « la plus vaste cohorte de recherche du monde », qui a permis d’analyser le génome de 426 000 personnes.

Ils ont alors identifié un plus petit ensemble de gènes, qui pourront être ciblés par ceux qui développent des médicaments. De 20 000 gènes, ils sont passés à quelques centaines — dont 301 nouvellement identifiés — qui prédisposent à une densité minérale osseuse réduite, l’un des facteurs les plus pertinents pour poser un diagnostic d’ostéoporose.

« Une réduction massive », estime le Dr Richards.

Les cibles de recherche pour les nouveaux médicaments sont ainsi significativement réduites.

« Nous pouvons prescrire des médicaments injectables qui permettent de reconstruire l’os, mais ils sont hors de prix. Nous avons des médicaments qui empêchent la perte osseuse, mais ils doivent être pris selon un horaire strict. Ainsi, le nombre de personnes qui doivent être traitées, mais qui ne le sont pas, est élevé. Par conséquent, nous croyons que nous aurons plus de succès à faire en sorte que les patients suivent un régime de traitement si celui-ci peut être simplifié. »

Mais « c’est toujours mieux de prévenir que de traiter », ajoute le docteur Richards.

Il se réjouit donc du fait que les récents travaux de recherche devraient aussi permettre de prévenir le développement de la maladie.