La crise des stupéfiants a freiné la croissance de l’espérance de vie au Canada

L’augmentation du nombre de surdoses mortelles liées aux stupéfiants, dont les opioïdes, a une incidence sur l’espérance de vie.
Photo: Patrick Sison Archives Associated Press L’augmentation du nombre de surdoses mortelles liées aux stupéfiants, dont les opioïdes, a une incidence sur l’espérance de vie.

La crise des opioïdes, qui a fait plus de 2000 morts entre janvier et juin 2018 au Canada, ne faiblit pas. L’augmentation du nombre de surdoses mortelles liées à la consommation de stupéfiants a d’ailleurs été d’une telle intensité depuis le début des années 2000 qu’elle a ralenti la croissance de l’espérance de vie au pays.

Entre 2000 et 2016, l’espérance de vie moyenne à la naissance d’un Canadien a augmenté de presque 3 ans (2,99 années), passant de 79,27 à 82,25 ans, d’après les dernières données dévoilées mercredi par l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Or, sans la crise des stupéfiants — parmi lesquels on retrouve surtout les opioïdes —, un Canadien aurait pu en 2016 espérer vivre jusqu’à 82,41 ans, soit 58 jours de plus.

La crise des opioïdes, qui sévit particulièrement en Colombie-Britannique, est montrée du doigt par l’agence fédérale pour expliquer ces chiffres.

« Les données publiées [mercredi] sont préoccupantes. […] Cette crise qui dure exige de la part de tous les partenaires un engagement soutenu à intervenir de manière souple et concertée », a déclaré l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, au moment du dévoilement des données.

Fentanyl

L’ASPC a aussi dévoilé le bilan de la crise des opioïdes des deux dernières années. Plus de 9000 Canadiens ont perdu la vie en raison d’une surdose liée, vraisemblablement, aux opioïdes, entre janvier 2016 et juin 2018. Rien que pendant le premier semestre de 2018, plus de 2000 personnes sont décédées d’une surdose à travers le pays. Dans 72 % des cas, le fentanyl était en cause.

Cette drogue, considérée comme bien plus puissante que l’héroïne, est souvent mélangée à des opioïdes vendus dans la rue. Les utilisateurs ignorent donc ce qu’ils consomment et se mettent involontairement en danger, les surdoses étant majoritairement accidentelles.

C’est sans compter le nombre grandissant d’hospitalisations liées à une intoxication aux opioïdes, soit une augmentation de 27 % sur les cinq dernières années.

« Un décès dans cette crise est déjà un décès de trop. Les données publiées [mercredi] nous aideront à poursuivre l’élaboration de stratégies pour réduire les décès et mieux informer les politiques et les interventions de santé publique pour nous tous », a indiqué par communiqué la ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor.