Pour une solution sur mesure pour les jeunes en CHSLD

Marguerite Blais souhaiterait mettre en place des maisons plus petites pour accueillir les jeunes et leur éviter un séjour en CHSLD.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Marguerite Blais souhaiterait mettre en place des maisons plus petites pour accueillir les jeunes et leur éviter un séjour en CHSLD.

Les jeunes qui souffrent de handicaps physiques sévères n’ont pas plus leur place dans une « maison des aînés » que dans un CHSLD, convient la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais.

« On a commencé à réfléchir à ça beaucoup, beaucoup », a déclaré la ministre en entrevue. Pour l’heure, elle prône une solution sur mesure sous la forme de « petites unités ». Elle songe notamment à des maisons « plus petites » que les « maisons des aînés ».

« Une autre avenue à envisager », ajoute-t-elle, « c’est d’avoir des maisons, mais de faire des îlots pour les personnes qui sont plus jeunes pour qu’elles puissent vivre ensemble tout en recevant des soins et des services. […] Quand tu es une personne jeune avec 25 autres personnes âgées, tu te sens perdue un peu », dit-elle.

François Marcotte, un résident de CHSLD de 43 ans atteint de sclérose en plaques avait récemment interpellé le gouvernement à ce sujet dans les pages du Devoir. « Ils ont annoncé qu’ils voulaient abolir les CHSLD pour en faire des maisons des aînés. Bien, ce serait peut-être le moment de créer aussi des trucs pour les plus jeunes. Moi, je rêve d’avoir mon petit studio avec ma salle de bain privée. Juste ça », demandait-il. Dans le même article, Robert Rathier, le père d’un jeune homme de 26 ans racontait avoir dû à regret placer son fils en CHSLD faute de ressources pour le garder à la maison.

Consultation attendue

Un sujet qui sera assurément abordé à la consultation sur les proches aidants qu’organise Marguerite Blais à l’Université Laval ce mardi. Pas moins de 200 intervenants sont attendus à cet événement qui vise à dresser les bases de la future Politique nationale des proches aidants.

Mme Blais ne s’en cache pas : elle est moins au courant de la réalité des proches aidants de jeunes handicapés que de celle des proches aidants des aînés. Elle compte d’ailleurs sur la consultation pour pallier cette lacune puisque la Politique englobera l’ensemble des proches aidants, promet-elle. « Pas seulement les proches aidants des aînés. On veut englober, on veut toucher à plusieurs proches aidants. »

Mme Blais a elle-même été proche aidante auprès de son mari décédé d’un cancer. Elle estime que pas moins de 1,6 million de personnes jouent ce rôle au Québec. Questionnée sur l’objectif de la rencontre, l’ancienne animatrice de télévision rétorque que c’est une question de « respect ». « Si on n’est pas capables d’écouter les gens qui sont à la fois des représentants d’organismes, des chercheurs, des professionnels de la santé, autour d’une même table, puis écouter ce qu’ils veulent dans la politique, je pense qu’on passe à côté », dit-elle.

Jusqu’à présent, François Legault s’est engagé à investir 93 millions dans la politique, note-t-elle notamment par une hausse des crédits d’impôt aux proches aidants (jusqu’à 2500 $ par an). Au cours des années à venir, la ministre devra aussi convaincre le ministre des Finances de débloquer des fonds importants pour financer les maisons des aînés qu’elle souhaite déployer dans le réseau pour remplacer les CHSLD.

Quand on lui fait remarquer que cela s’annonce coûteux, elle rétorque qu’elle va devoir être « gentille avec le ministre des Finances ». Puis ajoute que, quoi qu’il arrive, elle est convaincue que le gouvernement injectera les fonds nécessaires. Pourquoi donc ? « Vous savez pourquoi je pense que ça va fonctionner ? Parce que tous les ministres ont des parents qui vieillissent. On en a tous au Québec. Tout le monde est pris, tout le monde est proche aidant, à quelque part. »