Assurance-médicaments: les primes devraient grimper à 500 $

Québec — Le coût du régime public d'assurance-médicaments a augmenté de 12 % à 13 % en 2003-2004, ce qui laisse présager une hausse des primes du régime similaire à l'ajustement de 9 % décrété par le gouvernement Charest l'an dernier. En clair, la prime devrait passer de 460 $ à un peu plus de 500 $ le 1er juillet prochain.

Lors de la commission parlementaire qui étudie les crédits de son ministère, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard a révélé, hier, que le régime public d'assurance médicaments avait vu ses coûts augmenter de «12 %, 13 %» en 2003-2004. Comme le veut la Loi sur l'assurance-médicaments depuis les modifications apportées en 2002, les primes seront indexées pour tenir compte de cette hausse, a confirmé M. Couillard au Devoir. «La marge de manoeuvre dont on dispose d'après la Loi est restreinte», a-t-il dit.

La loi indique que les primes et les autres paramètres pécuniaires que sont la franchise et la coassurance doivent être haussés une fois par année le 1er juillet pour couvrir l'augmentation des coûts du régime. Globalement, la contribution de l'usager doit correspondre à 75 % des coûts du régime contre 25 % pour le gouvernement, a rappelé M. Couillard.

Le gouvernement se retrouve dans une situation identique à celle de l'an dernier. Les coûts du régime avait crû de 12 %. La prime était passée de 422 $ à 460 $, une augmentation de 38 $, ou de 9 %. La différence entre la hausse des coûts de 12 % et celle de la prime de 9 % s'explique principalement par la croissance des revenus du régime en raison de l'augmentation du nombre de ses adhérents.

En 2002-2003, le régime public d'assurance-médicaments avait coûté 2,38 milliards dont 1,93 milliard avait été assumé par l'État. En fonction de la hausse des coûts citée par M. Couillard, la note du régime s'est élevée à environ 2,6 milliards en 2003-2004 dont 2,15 milliards provient des coffres de l'État.

Ce n'est donc pas demain que le gouvernement Charest remplira une promesse libérale de la dernière campagne électorale en matière d'assurance-médicaments, celle de limiter la hausse de la contribution des assurés à l'augmentation du coût de la vie.

«On fait face à un régime qui, sur trois ans, va augmenter de près de 50 %», a signalé M. Couillard. Promise pour le début l'an prochain, la nouvelle politique du médicament visera notamment à stabiliser les coûts du régime public.

Mentionnons que le gouvernement Charest a également renoncé pour l'heure à garantir la gratuité des médicaments pour les assistés sociaux, les personnes âgées de 65 ans ou plus et les plus démunies, celles qui touchent le maximum du supplément de revenu garanti, une autre promesse libérale. Ces deux groupes d'assurés doivent assumer une franchise mensuelle de 8,33 $ et une coassurance de 25 %, sujettes à une limite mensuelle de 16,66 $.