Moins de soins à l’hôpital, plus dans la communauté

Ces derniers mois, plusieurs psychiatres ont dénoncé la décision du CIUSSS de concentrer, de plus en plus, les soins psychiatriques à l’IUSMQ. Une manoeuvre qui contribue, disent-ils, à stigmatiser des malades qui le sont déjà beaucoup.
Photo: Getty Images Ces derniers mois, plusieurs psychiatres ont dénoncé la décision du CIUSSS de concentrer, de plus en plus, les soins psychiatriques à l’IUSMQ. Une manoeuvre qui contribue, disent-ils, à stigmatiser des malades qui le sont déjà beaucoup.

À la veille de la fermeture de l’urgence psychiatrique de l’Hôpital du Saint-Sacrement, les autorités régionales en santé de Québec plaident que les patients seront de moins en moins traités à l’hôpital et de plus en plus dans la communauté.

« Les gens qui se présenteront à l’urgence psychiatrique de Saint-Sacrement vont être évalués par l’équipe de médecins, et s’il y a un besoin en santé mentale, ils seront réorientés dans nos services », a résumé jeudi en conférence de presse Guy Thibodeau, le p.-d.g. adjoint du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale.

La fermeture de l’urgence psychiatrique sera suivie par la fermeture de lits, à partir d’avril. Après cela, 187 des 257 lits disponibles en psychiatrie seront à l’Institut universitaire en santé mentale de Québec (IUSMQ), 40 au Centre hospitalier de l’Université Laval (CHUL) et 30 dans un lieu qui reste à déterminer.

Ces derniers mois, plusieurs psychiatres ont dénoncé la décision du CIUSSS de concentrer, de plus en plus, les soins psychiatriques à l’IUSMQ. Une manoeuvre qui contribue, disent-ils, à stigmatiser des malades qui le sont déjà beaucoup.

Or le CIUSSS plaide qu’il veut changer complètement d’approche en réinvestissant dans les services de première ligne et le suivi en communauté. Cela ferait en sorte que de moins en moins de gens en crise se rendent à l’urgence.

Un geste prématuré ?

Quant à savoir s’il ne vaudrait pas mieux attendre que la demande baisse à l’urgence avant de la fermer, la direction du CIUSSS rétorque que la fermeture a été précipitée parce qu’elle a 12 postes de psychiatres à pourvoir sur 94.

Les services en santé mentale dans la région ne sont pas non plus sous-financés, selon le p.-d.g. adjoint du CIUSSS. La région a même plus de ressources que d’autres, dit-il.

Récemment, la ministre de la Santé, Danielle McCann, avait dit qu’elle surveillerait « de près » ce dossier. Or jeudi, en marge d’une annonce, elle s’est dite à l’aise avec le plan présenté.

Ainsi, 1300 personnes sont sur la liste d’attente en moyenne depuis trois mois pour une première consultation et le réseau n’est capable de répondre qu’à 41 % des demandes dans des délais raisonnables. Une proportion que le CIUSSS pense pouvoir faire passer à 69 % d’ici 2021 avec son nouveau plan.