La pratique artistique améliorerait la santé

Les Beaux Jeudis du Musée des beaux-arts de Montréal
Photo: Mikaël Theimer (MKL) Les Beaux Jeudis du Musée des beaux-arts de Montréal

La pratique des arts plastiques, avec un groupe, sur une base régulière, permettrait de faire passer l’état de santé de personnes âgées de fragile à vigoureux. C’est ce que laisse entendre une étude menée auprès de 150 participants à l’activité Les Beaux Jeudis, organisée au Musée des beaux-arts de Montréal, en collaboration avec le centre d’excellence sur la longévité de l’Hôpital général juif. Le Dr Olivier Beauchet, qui a mené l’étude, estime que ces résultats permettent de croire que la pratique des arts pourrait être utilisée de façon préventive pour mettre des personnes relativement en santé sur la voie d’un « vieillissement réussi ».

L’étude a permis de suivre 150 participants de 65 ans et plus, en bonne santé, qui s’étaient inscrits aux ateliers du jeudi du MBAM. Chacun d’entre eux a participé aux ateliers hebdomadaires d’art visuel durant trois mois. L’état général de ces personnes était classé en deux catégories, soit vigoureux, soit fragile (de légèrement ou modérément), et les participants se répartissaient plus ou moins également entre les deux groupes. Or, après trois mois de pratique des arts, les évaluations de l’état de santé ont démontré que 27 % des personnes fragiles sont devenues vigoureuses en cours de pratique. Ces résultats permettent aux chercheurs de s’enthousiasmer quant au fait que l’art-thérapie pourrait avoir des répercussions non seulement sur le bien-être, mais aussi sur la santé physique de ceux qui s’y adonnent.

Cet état de santé est évalué par les personnes elles-mêmes en fonction de différents critères, par exemple le nombre de médicaments pris, les activités menées, la mobilité ou les chutes.

 
150
participants de 65 ans et plus ont pris part à l’étude de l’Hôpital général juif.

Ces données viennent s’ajouter à la connaissance du fait que la pratique des arts améliore le bien-être immédiat des participants ainsi que leur qualité de vie à plus long terme. Il restera cependant à déterminer la durabilité de ces effets.

Cette étude ne s’arrêtera d’ailleurs pas là. Le MBAM et l’Hôpital juif entendent exporter leur modèle dans onze lieux différents à travers le monde. Différents musées pourront aussi utiliser la formule des Beaux Jeudis pour y arriver.

D’autres patients au Musée

Le dévoilement de cette étude fait suite à un symposium sur l’art-thérapie qui se tenait vendredi dernier au MBAM. Le Dr Howard Steiger, chef du programme des troubles de l’alimentation de l’hôpital Douglas, y présentait notamment une recherche effectuée auprès de sa clientèle. Les participants à son étude, la plupart souffrant d’anorexie ou de boulimie, se sont rendus au Musée sur une base régulière. Dans un article publié en 2017, le Dr Steiger et ses collègues observaient que plusieurs participants considéraient que le moment de création, au cours duquel ils pouvaient choisir les matériaux de leur choix, sans pression de performance, était le plus beau moment de leur journée. En entrevue, le chercheur affirme cependant que cette thérapie ne peut absolument pas remplacer d’autres formes de thérapie préconisées dans le programme de traitement des troubles de l’alimentation du Douglas.

Mona Trudel, professeure à l’École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM, présentait quant à elle au symposium les résultats préliminaires d’ateliers auprès de clientèles marginalisées, dans différents refuges de Montréal, soit la Old Mission Brewery, le pavillon Lise Watier et l’Accueil Bonneau. Les participants y ont fait respectivement des arts visuels, de la danse et de la musique. Les disciplines ont été choisies en fonction de besoins identifiés par les intervenants dans ces différentes maisons. Au pavillon Lise Watier, qui accueille des femmes, on a favorisé la danse pour permettre aux femmes de travailler la conscience du corps, la présence du corps. « On a vraiment offert des activités en fonction des besoins de chaque milieu », dit Mona Trudel, qui dit avoir constaté une certaine stabilisation chez les personnes suivant les activités.

Le programme étant en cours, il reste à analyser les résultats finaux.