L'urgence de Forestville à nouveau sans médecin jusqu'à lundi matin

Seul un médecin «de garde» est en poste; mais il demeure sur appel «pour urgence majeure seulement», a fait savoir le CISSS de la Côte-Nord.
Photo: Michael Monnier Archives Le Devoir Seul un médecin «de garde» est en poste; mais il demeure sur appel «pour urgence majeure seulement», a fait savoir le CISSS de la Côte-Nord.

Avertissement fortuit lors du passage du Parti québécois à Sept-Îles, dimanche : le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Côte-Nord a annoncé qu’il n’y aurait aucun médecin à l’urgence de Forestville jusqu’au lundi matin.

Pour la quatrième fois cet été, le CISSS a informé la population d’un bris de service. « Il n’y aura pas de médecin sur place à l’urgence de Forestville du dimanche 2 septembre à 8 h au lundi 3 septembre à 8 h ainsi que du mercredi 5 septembre à 18 h au jeudi 6 septembre à 8 h », a-t-il écrit dans un communiqué.

Seul un médecin « de garde » est en poste ; mais il demeure sur appel « pour urgence majeure seulement », a écrit le CISSS, en insistant sur les mots avec des caractères gras et soulignés.

Le même genre de mise en garde a été envoyé le 19 juillet, le 25 juillet et le 30 août. Chaque fois, le CISSS avisait la population de l’absence de médecin à l’urgence de Forestville. Sur la Côte-Nord, ailleurs qu’à Forestville, il y a des services d’urgence aux Escoumins, à Baie-Comeau, Port-Cartier, Sept-Îles, Havre-Saint-Pierre et Fermont.

En point de presse devant la baie des Sept Îles, le chef péquiste Jean-François Lisée n’a pas raté l’occasion d’attaquer le bilan libéral en santé. « [Le ministre de la Santé, Gaétan] Barrette — et d’ailleurs à ce qu’on voit [la candidate libérale Gertrude] Bourdon a l’air de trouver ça ben bon — a tellement concentré de pouvoir entre ses mains que la réactivité du système local pour empêcher les découvertures a été affaiblie », a-t-il déclaré. « La concentration du pouvoir a aggravé le problème. La déconcentration, le retour du pouvoir de proximité, est un des éléments de solution. »

« On a agi », se défend Couillard

De Roberval, le chef libéral Philippe Couillard s’est défendu d’avoir abandonné les régions.

« On a agi », a-t-il insisté. « Parmi les suites de l’entente avec les médecins spécialistes se trouve la garantie de couverture des milieux ruraux par les médecins spécialistes : c’est un progrès sans précédent. D’ailleurs, cet été, vous avez vu, il y a eu très peu de découverture. »

L’entente qu’a conclu le gouvernement Couillard avec les médecins spécialistes prévoit que 3 % des sommes dues — qu’on peut estimer à 30 millions de dollars — seront investies dans « des mesures visant à améliorer l’accessibilité aux soins », à « prévenir les bris de services » et à « rémunérer les chefs de services, de départements et de programmes ».

De Vaudreuil, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, s’en est plutôt pris aux plans régionaux d’effectifs médicaux (PREM). « Notre fameux gouvernement de docteurs donne beaucoup d’exemptions. À mon avis, trop », a-t-il affirmé. « Je comprends qu’il y a beaucoup de médecins qui veulent aller travailler à Montréal et à Québec. Mais les gens des régions paient autant d’impôts et de taxes. Il n’y a pas de raisons que les PREM ne soient pas respectés. Et s’ils le sont, il y a aura assez de médecins partout dans les MRC du Québec. »

Les PREM sont établis chaque année par le ministère de la Santé, en collaboration avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec et les acteurs du milieu, dans le but d’arrimer l’accès à un médecin de famille à la demande.

Ils ont auparavant été critiqués en raison de retards dans leur publication, qui auraient compliqué leur concordance avec les besoins des régions.

Des résidents en médecine familiale ont aussi reproché à Québec d’avoir ralenti leur mise en application lors des négociations avec la FMOQ.

Avec Marco Bélair-Cirino et Guillaume Bourgault-Côté