Maladie de Lyme: les camps de vacances de Montérégie sur leurs gardes

Les marches en forêt doivent se faire en pantalon en remontant les chaussettes par-dessus le bas du pantalon, en appliquant du chasse-moustiques et en évitant de gambader dans les herbes hautes.
Photo: iStock Les marches en forêt doivent se faire en pantalon en remontant les chaussettes par-dessus le bas du pantalon, en appliquant du chasse-moustiques et en évitant de gambader dans les herbes hautes.

Situés dans la région du Québec la plus à risque pour contracter la maladie de Lyme en raison de l’accroissement de la population de tiques infectées, les camps de vacances de la Montérégie sont sur leurs gardes et appliquent les mesures de prévention recommandées par les autorités de santé publique. Toutes ces précautions ne permettent toutefois pas d’éviter complètement les infections.

À la Colonie Sainte-Jeanne-d’Arc, à Contrecoeur, une monitrice a malheureusement été piquée par une tique durant la première quinzaine de juillet et a contracté la maladie de Lyme qui a été diagnostiquée vers le 20 juillet.

« Nous sommes une colonie de vacances, nous sommes donc dehors et dans la forêt les trois quarts de la journée. Nous savons que la forêt est fréquentée par des chevreuils, nous sommes donc conscients du risque. Nous appliquons des mesures de prévention particulières depuis presque trois ans. On peut difficilement faire plus que ce qui est recommandé par les organismes de santé publique. Nous faisons le maximum et demeurons très vigilants », affirme Linda Voukirakis, directrice générale de la colonie.

Les marches en forêt se font donc en pantalon en remontant les chaussettes par-dessus le bas du pantalon, en appliquant du chasse-moustiques et en évitant de gambader dans les herbes hautes, a ajouté Mme Voukirakis.

« On conscientise les enfants en leur expliquant pourquoi ils doivent porter un pantalon et non un short même s’il fait chaud. Et quand les campeuses reviennent au camp après une journée en forêt et qu’elles vont à la piscine, on en profite pour procéder à une inspection. Les plus vieilles font une auto-inspection et ce sont les monitrices qui effectuent une inspection des plus jeunes en prenant soin de ne pas les alarmer », explique-t-elle.

Pièges à détection

Toujours à Contrecoeur, les campeurs et l’équipe de moniteurs de la Colonie des Grèves ont quant à eux été épargnés jusqu’à maintenant. Une équipe de l’Université de Montréal a installé des pièges de détection de tiques dans la colonie et le parc régional des Grèves qui en fait partie dans le cadre d’un programme de surveillance active.

« L’ensemble des moniteurs a reçu une formation sur la détection des tiques et sur les consignes à donner aux enfants, comme de rester dans les sentiers pour réduire les risques. On a aussi transmis aux animateurs la fiche de Santé Canada expliquant comment retirer les tiques de la peau et quelles mesures adopter en cas de piqûres », précise la directrice de la colonie, Nancy Annie Léveillée.

« Sans devenir hystérique et susciter la panique, les moniteurs procèdent à une mini-inspection visuelle au sortir de la forêt. Ils font une petite danse de secouage qui donne l’impression de faire un jeu afin de ne pas accroître l’anxiété de certains enfants et moniteurs.

« Il ne faut pas en faire tout un plat, mais il faut tout de même être vigilant. Chaque soir, les moniteurs procèdent à une inspection visuelle en règle de la trentaine d’enfants qui dorment au camp afin de détecter toute tique qui serait attachée au corps de l’enfant, et on avise les parents qui campent avec leurs enfants d’en faire autant, car on a vu des tiques l’an dernier.

« Si les moniteurs ont des doutes, on les invite à passer au bureau », souligne-t-elle, avant d’ajouter que les cas de piqûres d’abeille, de guêpe, de taon et de moustique sont beaucoup plus fréquents !

Trois cas en 32 ans d’existence

Le camp Anglofun au ranch Massawippi n’a connu que trois cas de piqûre de tique en 32 ans d’existence.

« On recommande aux enfants de porter un pantalon et une chemise à manches longues lorsqu’ils doivent aller en forêt, de rester sur les sentiers et de vérifier tous les jours qu’ils ne trouvent pas de tiques sur leur corps, car on ne sent pas leurs piqûres. On invite aussi les parents à bien expliquer ces mesures aux enfants », indique Sandra Legault, directrice du camp.

Au camp de vacances Faunik du parc du Mont-Orford, on s’en tient aux normes de la SEPAQ : « On reste toujours dans les sentiers, sur la plage, les roches ou la pelouse, on ne va jamais dans les herbes hautes. On demande aux enfants de passer la main sur leurs jambes et, s’ils sentent un insecte qui y est attaché, on leur dit de ne pas gratter, ni d’essayer de l’enlever, mais de venir voir le moniteur.

« Si jamais un cas se présentait, nous amènerions tout de suite l’enfant à l’hôpital », affirme Anne-Marie, coordonnatrice administrative du camp qui, au cours de ses quatre années d’existence, n’a connu aucun cas de piqûre ou d’infection.

Au Centre de plein air L’estacade, à Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix, tout comme à la Base de plein air Jean-Jeunes à Longueuil, on demande aux enfants de ne circuler que sur les sentiers balisés et les animateurs ont reçu une formation sur les mesures de prévention à prendre.