Les médecins spécialistes réclament plus de postes

La Fédération médicale étudiante du Québec appuie la création de davantage de postes en spécialité.
Photo: Gerard Julien Agence France-Presse La Fédération médicale étudiante du Québec appuie la création de davantage de postes en spécialité.

Les médecins spécialistes aimeraient récupérer les postes de résidence qui ont été laissés vacants en médecine familiale.

Insatisfaite que des finissants en médecine échouent dans l’obtention d’un poste en spécialité alors que 65 postes de résidence en médecine familiale n’ont pas été pourvus, la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) en a fait la demande au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

La FMSQ souhaite que le ratio de postes en spécialité soit rehaussé pour 2019. Ce dernier, pour 2018, était de 54,3 % pour la médecine familiale, soit 498 postes offerts sur un total de 917. Avec les postes restés vacants, dans les faits, 51 % des postes de résidents ont été octroyés en médecine familiale. Le MSSS affiche une volonté que le ratio atteigne 55 %.

« Il reste des postes : je les veux », a résumé la présidente de la FMSQ, la Dre Diane Francoeur. Elle aimerait récupérer 20 postes de plus en spécialité.

Le MSSS a signifié par courriel que ce n’était pas dans son intention d’accéder à cette demande. « Dans les faits, et même si tous les postes offerts en résidence ne sont pas pourvus, le Québec n’a jamais attiré autant de candidats en médecine de famille », a indiqué la responsable des communications Marie-Claude Lacasse. Cela « reflète » la volonté de Québec « d’inverser la tendance » en formant plus de médecins de famille que de spécialistes, ajoute-t-elle.

La Fédération médicale étudiante du Québec (FMEQ) appuie la création de davantage de postes en spécialité. « Une mutation prudente de postes en médecine de famille vers des postes en spécialité serait à mettre en priorité », a indiqué son vice-président, Mathieu Groulx, par courriel.

« Ce n’est certainement pas une solution », s’indigne le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin. Pour lui, Québec « minimise » la problématique de la désaffection envers la médecine de famille. « La pénurie de médecins de famille est là et risque de s’accentuer », déplore-t-il.

Exode possible évoqué

Douze futurs médecins n’ont pas été jumelés à un poste de résidence au terme du deuxième tour du jumelage en résidence, ce printemps. La Dre Francoeur craint que plusieurs quittent le Québec. Selon elle, les principes de donner la priorité à la médecine familiale sont « bons au départ », mais pas au point de « laisser des postes sur la table quand on pourrait facilement prendre et former ces jeunes-là pour les garder ici ! »

Elle ne blâme pas les jeunes de poursuivre leur carrière à l’extérieur du Québec : elle les y encourage même. « J’ai des jeunes qui pleurent leur vie parce qu’ils voudraient aller en spécialité. Je leur dis : “Va en Ontario, au Manitoba, parce que c’est ton rêve” », a-t-elle confié.

Le vice-président de la FMEQ, Mathieu Groulx, constate une augmentation des finissants en médecine « qui ne postulent pas en médecine de famille au profit des autres spécialités, quitte à poursuivre leur formation ailleurs au Canada ou à prendre une année sabbatique ». Il déplore cette « perte importante d’expertise ».

Selon la Dre Francoeur, il y a des besoins pour former davantage de médecins dans plusieurs spécialités. « Dans notre entente, nous nous sommes engagés » à couvrir les besoins des régions, notamment en anesthésiologie et en chirurgie.