Deux cas de rougeole parmi des demandeurs d’asile

La rougeole se caractérise par une éruption cutanée, précédée par une fièvre élevée, une toux, des écoulements nasaux, une conjonctivite et des taches blanchâtres au niveau de la muqueuse de la bouche.
Photo: La Presse canadienne La rougeole se caractérise par une éruption cutanée, précédée par une fièvre élevée, une toux, des écoulements nasaux, une conjonctivite et des taches blanchâtres au niveau de la muqueuse de la bouche.

Deux cas de rougeole ont été confirmés parmi des réfugiés hébergés à la résidence du YMCA de Montréal, et deux autres cas « probables » font l’objet d’une enquête. Il s’agit de demandeurs d’asile qui font tous partie de la même famille.

La Direction de la santé publique (DSP) de Montréal a dépêché des équipes sur place, dont des infirmières, pour détecter d’autres cas potentiels et mettre en branle une opération de vaccination pour tuer la transmission dans l’oeuf. Les malades ont quitté le YMCA et résident désormais en appartement.

« La situation est prise très au sérieux, un processus d’enquête a été mis en place pour identifier les personnes qui auraient pu être exposées pendant la période de contagion », a affirmé au Devoir le Dr Éric Litvak, chef médical prévention et contrôle des infections à la DSP. Un appel à la vigilance a été lancé le 26 avril par la DSP.

La santé publique estime pour le moment que les risques de transmission dans la population générale sont faibles.

Enquête en cours

Les personnes atteintes auraient voyagé par avion de la Roumanie à Montréal le 2 avril, selon l’appel à la vigilance. Elles n’auraient pas été contagieuses à ce moment-là, les passagers ayant partagé leur vol n’ont donc pas été contactés. Le virus a été contracté à l’étranger.

Le Québec est périodiquement touché par des éclosions de rougeole acquise d’abord à l’étranger. « Le virus est endémique à plusieurs pays d’Europe, rappelle le Dr Litvak, c’est une situation mondiale. »

La famille touchée a résidé au YMCA jusqu’au 18 avril, et le premier diagnostic est survenu le 24 avril. Selon la santé publique, plus de 400 personnes auraient été hébergées à ce centre d’accueil pendant cette période, un chiffre non confirmé cependant, précise-t-on.

La période d’incubation du virus de la rougeole étant de 7 à 14 jours, une « surveillance accrue » sera exercée par les autorités sanitaires dans les deux prochaines semaines.

Ce week-end, la santé publique a rencontré toutes les personnes hébergées au YMCA de Montréal et aucun autre cas n’a été détecté. Lundi et mardi, des infirmières sont sur place pour vacciner les personnes qui le requièrent, que ce soit des demandeurs d’asile ou d’autres personnes qui les ont côtoyés, comme des employés ou des bénévoles, dont la vaccination ne serait pas complète.

Certaines personnes qui ont été en contact avec les malades ont pu quitter le centre depuis, les rendant « difficiles à retracer », reconnaît le Dr Litvak. La collaboration du Programme régional d’accueil et d’intégration des demandeurs d’asile (PRAIDA) a été sollicitée pour diffuser l’information, puisque la plupart des demandeurs continuent à recevoir des services par l’intermédiaire de ce programme, indique-t-il.


Très contagieuse

La rougeole est une maladie infectieuse très contagieuse qui se transmet par les gouttelettes en suspension, c’est-à-dire qu’il suffit de respirer le même air qu’une personne malade pour la contracter. Le vaccin en deux doses est efficace à plus de 95 %. La maladie se manifeste d’abord par une fièvre élevée, une toux, des écoulements nasaux, une conjonctivite et des taches blanchâtres au niveau de la muqueuse de la bouche qui précèdent l’éruption cutanée caractéristique en tant que telle. Cette éruption débute au visage et au cou avant de se généraliser.