Pénurie d’EpiPen à travers le pays

Les auto-injecteurs EpiPen servent à administrer d’urgence de l’épinéphrine aux personnes qui sont en voie de développer une réaction allergique potentiellement mortelle.
Photo: Rich Pedroncelli Associated Press Les auto-injecteurs EpiPen servent à administrer d’urgence de l’épinéphrine aux personnes qui sont en voie de développer une réaction allergique potentiellement mortelle.

Pfizer Canada a confirmé hier qu’elle faisait toujours face à une pénurie d’auto-injecteurs EpiPen pédiatriques et pour adultes au Canada, et qu’elle ignorait encore quand elle serait en mesure de rétablir un approvisionnement normal. 

Les auto-injecteurs EpiPen servent à administrer d’urgence de l’épinéphrine (adrénaline) aux personnes qui sont en voie de développer une réaction allergique potentiellement mortelle.

La compagnie pharmaceutique attribue ces restrictions d’approvisionnement pour les auto-injecteurs EpiPen de 0,3 mg et de 0,15 mg à « des retards à son usine de fabrication à St. Louis au Missouri et à des quantités limitées d’un composant du produit fourni par un tiers ».

Elle a informé Santé Canada qu’elle tente de « localiser des stocks supplémentaires d’EpiPen au sein de son réseau mondial » et qu’elle devrait rétablir un approvisionnement normal le 31 mai prochain. Cependant, cette date pourrait changer pour diverses raisons, incluant des problèmes d’approvisionnement et de fabrication.

Pfizer affirme que « le Canada n’est pas le seul pays touché par ces restrictions d’approvisionnement ».

Avis aux pharmaciens

Dès qu’il a été informé de cette pénurie, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a avisé l’Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ) « afin d’assurer une gestion adéquate des quantités disponibles ».

L’OPQ a alors recommandé à ses membres de réserver les auto-injecteurs qu’il leur restait aux « patients n’ayant en main aucun auto-injecteur et de limiter l’approvisionnement à un seul par patient ». Les pharmaciens doivent préciser à leurs patients que la date de péremption du médicament correspond à la dernière journée du mois indiqué sur le produit.

Le MSSS a aussi sollicité la collaboration des grossistes en médicaments afin d’optimiser l’utilisation des stocks résiduels.

« On suit de très près l’évolution de la situation. On est en contact avec le fabricant, le comité pancanadien sur les ruptures d’approvisionnement qui réunit toutes les provinces canadiennes et Santé Canada et notre comité provincial fin de prendre d’autres actions si requis avec l’Ordre des pharmaciens et le Collège des médecins », a précisé Noémie Vanheuverzwijn, du MSSS.

Solutions de rechange

Santé Canada a également affirmé « travailler étroitement » avec Pfizer Canada et les différents intervenants de la chaîne d’approvisionnement afin « d’identifier des options potentielles susceptibles d’atténuer l’impact de cette pénurie pour les Canadiens, comme notamment s’adresser à des fournisseurs de rechange et explorer le recours à des stocks alternatifs à l’international ».

Aucun autre auto-injecteur que celui produit par Pfizer n’est actuellement offert au Canada. Kaléo Pharma (Allerject), Taro Pharmaceutical (Taro-epinephrine), Valeant Canada (Emerade) et Lincoln Medical (Anapen) ont également été autorisés par Santé Canada à commercialiser leurs auto-injecteurs d’épinéphrine au Canada, mais aucune de ces entreprises n’a, à ce jour, entrepris des démarches en ce sens, a souligné Santé Canada.

«Les hôpitaux ne sont pas trop frappés par cette pénurie, car ils disposent d’autres options thérapeutiques que les auto-injecteurs pour traiter le choc anaphylactique, telles que des solutions d’épinéphrine injectables préparées manuellement», rassure Santé Canada.