Charge de travail: les infirmières remportent une première manche

La présidente de la FIQ, Nancy Bédard, s’est réjouie du lancement des projets-pilotes qui faisaient partie d’une entente en 2016.
Photo: Jacques Boissinot La Presse Canadienne La présidente de la FIQ, Nancy Bédard, s’est réjouie du lancement des projets-pilotes qui faisaient partie d’une entente en 2016.

Au terme de longues négociations, la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) et le ministre Gaétan Barrette ont convenu de lancer dès ce printemps des projets-pilotes sur les ratios pour réduire la charge de travail des infirmières. En CHSLD, dans certains cas, cela pourrait réduire le nombre de patients par infirmière de moitié.

À l’heure actuelle, une infirmière travaillant le soir en CHSLD a entre 50 et 64 patients à sa charge et on veut faire passer ce ratio entre 25 et 32 patients. Le rôle des projets-pilotes consiste à établir quel est le ratio idéal entre 25 et 32.

Le changement proposé est également majeur la nuit : entre 37 et 44 patients par infirmière (au lieu de 75 à 96), mais moins marqué pour les quarts de jour (de 20 à 27 patients au lieu de 25 à 32).

« Cette entente, pour les professionnels en soins, c’est enfin l’espoir de régler la surcharge de travail », a déclaré la présidente de la FIQ, Nancy Bédard.

Tout sourire à ses côtés, le ministre Gaétan Barrette a parlé du « premier jour » d’une « nouvelle ère ».

Plus tôt cette semaine, Mme Bédard avait pourtant vivement critiqué le gouvernement parce qu’aucune somme n’avait été prévue dans le budget pour ses membres. Invitée à expliquer son revirement, elle a rétorqué que l’important, « c’est le résultat » et qu’elle aurait aimé « qu’on puisse arriver à ça avant ».

Le gouvernement et la FIQ s’étaient entendus dès 2016 pour étudier la possibilité de lancer un projet sur les ratios, le sujet ayant fait l’objet d’une lettre d’entente dans la dernière convention collective.

Les négociations à ce sujet se sont toutefois accélérées depuis la levée de boucliers déclenchée par le cri du coeur de la jeune infirmière Émilie Ricard, en janvier dernier.

Après les ratios, la négo

Au total, dix-sept de ces projets-pilotes seront lancés dans les prochains mois, dont trois d’ici mai, à l’Hôpital général de Lakeshore dans l’ouest de Montréal, au Centre hospitalier de Trois-Rivières (CHAUR) et au CHLSD de Bagotville.

Le projet vise à évaluer les ratios dans tous les contextes où les infirmières peuvent travailler. Ainsi, à Montréal, le projet-pilote se fera dans une unité de médecine, alors qu’à Trois-Rivières, ce sera en chirurgie.

Les projets-pilotes doivent normalement prendre fin à la fin de l’année 2019. Pour les évaluer, les parties comptent s’appuyer sur le SNCT (Safe Nursing Care Tool), un « outil neutre », a dit le ministre, qui a été développé par des dirigeants d’établissements en Grande-Bretagne.

Reste à savoir si et quand les nouveaux ratios pourront percoler dans le réseau. Au dire du ministre, cela pourrait se traduire par l’embauche dans le réseau de centaines, voire de milliers de personnes supplémentaires et des coûts additionnels « dans la centaine de millions de dollars, ou même les centaines de millions ».

Mais en attendant que ces projets portent leurs fruits, les infirmières continuent de dénoncer leurs conditions de travail actuelles. Cette semaine, dans Chaudière-Appalaches, 1076 d’entre elles ont rejeté en assemblée les dernières offres de leur Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS).

À la sortie de son annonce avec le ministre, la présidente de la FIQ lui a d’ailleurs lancé qu’ils allaient devoir se revoir sous peu à cet égard.

Entente de principe avec les 200 sages-femmes

Québec s’est finalement entendu avec ses quelque 200 sages-femmes quant au renouvellement de leur convention collective. L’entente de principe a été conclue mercredi soir avec le ministère de la Santé et des Services sociaux. Le principal point en litige portait sur les primes de garde.

Québec s’est finalement entendu avec ses quelque 200 sages-femmes quant au renouvellement de leur convention collective.

L’entente de principe a été conclue mercredi soir avec le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Le Regroupement Les sages-femmes du Québec a fait savoir qu’il ne dévoilera pas le contenu de l’entente de principe, préférant en garder la primeur pour ses membres, comme c’est habituellement le cas en pareille circonstance.

Les membres seront appelées à se prononcer sur l’entente de principe dans deux semaines, le 11 avril, a fait savoir la CSN, à laquelle le syndicat est rattaché.

La négociation avait débuté en 2015. Pour le syndicat, le principal point en litige portait sur les primes pour être de garde. Mais Québec tenait de son côté à obtenir une plus grande reddition de comptes de la part des sages-femmes.