Pas de hausses et plus de services: le ROME propose de geler les sommes promises aux médecins

Le ROME suggère de dégager des sommes en gelant la rémunération des médecins spécialistes et en limitant la hausse de rémunération des omnipraticiens à l’inflation.
Photo: iStock Le ROME suggère de dégager des sommes en gelant la rémunération des médecins spécialistes et en limitant la hausse de rémunération des omnipraticiens à l’inflation.

Le Regroupement des médecins omnipraticiens pour une médecine engagée (ROME) propose de geler les sommes promises aux médecins du Québec pour mieux renégocier ces montants, afin qu’ils servent à « l’amélioration du système de santé et des conditions d’exercice de la pratique médicale ».

Mardi, son président, Simon-Pierre Landry, a mis les fédérations de médecins au défi de consulter l’ensemble de leurs membres, par le biais d’un vote, afin que ceux-ci puissent dire s’ils souhaitent qu’une partie des montants réservés pour leur rémunération soit renégociée pour financer « l’achat de services », dont fait partie l’embauche de personnel.

« Plus d’argent, ça ne me rendra pas plus heureux », a affirmé le Dr Landry, dont le regroupement a d’abord permis à 600 médecins de se réunir, en 2015, pour contester la réforme Barrette.

Avec le vote, le ROME fait le pari d’illustrer la « déconnexion » des fédérations de médecins et de savoir, une fois pour toutes, si leurs membres veulent bel et bien des hausses de rémunération qu’elles leur ont négociées. « Si on veut en avoir le coeur net […] ça prend une question claire envoyée à tous les membres, omnipraticiens et spécialistes, de manière électronique. […] Et on vivra avec le résultat », a déclaré le Dr Landry.

Le gel pour les spécialistes

Dans sa question, le ROME suggère de dégager des sommes en gelant la rémunération des médecins spécialistes et en limitant la hausse de rémunération des omnipraticiens à l’inflation.

Québec a conclu avec les omnipraticiens une entente qui octroie des hausses de rémunération de 14,6 % sur huit ans, en plus de sommes forfaitaires d’au moins 635 millions. Son accord avec les médecins spécialistes prévoit des augmentations de 11,2 % sur huit ans, en plus d’un montant non récurrent de 1,5 milliard.

« On demande aux fédérations de ne pas négocier sur une question d’augmentation des revenus des médecins », a résumé le Dr Landry. « On demande aux fédérations de négocier une amélioration de notre qualité d’exercice. On veut travailler dans un réseau qui fonctionne mieux », a-t-il ajouté.

Les omnipraticiens ont appuyé l’entente avec Québec dans une proportion de 96 %. Les spécialistes ne votent pas directement, mais une assemblée de délégués les représentant s’est prononcée en faveur de l’accord dans une proportion de 99 %. Ces derniers ont un syndicat qui souffre d’un problème de représentativité, a déclaré le Dr Landry. Quant aux premiers, ils n’ont appuyé l’entente que par souci de « passer à autre chose », a-t-il affirmé.

Le malaise des médecins s’est notamment manifesté dimanche, lors de la mise en ligne d’une pétition réclamant l’annulation des hausses de rémunération. Cette pétition avait récolté mardi plus de 500 signatures de médecins, de résidents et d’étudiants en médecine. Le Québec compte environ 20 000 médecins actifs et 4000 étudiants en médecine, selon le Collège des médecins.

La FMRQ met de la pression

Alors que leurs négociations avec Québec sont dans une impasse depuis décembre dernier, les médecins résidents ont décidé de porter des vignettes sur leur sarrau indiquant « Médecin résident à rabais — disponible jusqu’à épuisement ». La Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ) a aussi dévoilé mardi les résultats de deux sondages auprès de ses membres. Ainsi, près de 55 % des médecins résidents présentent des signes d’épuisement professionnel. Un deuxième sondage révèle que les résidents travaillent en moyenne presque 71 heures par semaine. À l’instar des autres professionnels de la santé, le président de la FMRQ, le Dr Christopher Lemieux, demande au gouvernement de trouver des solutions à la surcharge de travail. La FMRQ n’écarte pas la possibilité d’une grève.