Plus d’autonomie pour les infirmières praticiennes spécialisées?

Le ministre québécois de la Santé, Gaétan Barrette
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Le ministre québécois de la Santé, Gaétan Barrette

Une annonce du ministre Gaétan Barrette censée vanter l’autonomie des infirmières praticiennes spécialisées (IPS) a plutôt mis en évidence les réticences des ordres professionnels à leur donner plus de place.

Le ministre de la Santé et la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, annonçaient mercredi que les IPS allaient faire des diagnostics et mettre en oeuvre des traitements pour le diabète, l’hypertension, l’hypercholestérolémie, l’asthme, les maladies obstructives pulmonaires chroniques et l’hypothyroïdie.

En plus de l’Ordre des infirmières, le Collège des médecins, l’Office des professions et l’Association des IPS du Québec (AIPSQ) étaient présents à l’annonce.

Or l’AIPSQ avait aussi remis aux journalistes un communiqué reprochant au gouvernement de ne pas aller assez loin.

Tout en parlant d’un « pas dans la bonne direction », les IPS déplorent que les patients qu’elles traiteront pour le diabète et les autres maladies chroniques devront encore rencontrer un médecin dans les semaines suivant l’amorce de leur traitement. « Le maintien d’une telle exigence », écrit-on, « implique pour [les patients] une duplication de services et de déplacements. »

Ça va encore évoluer, ce n’est pas coulé dans le ciment. […] S’il vous plaît, laissez l’évolution se faire.

 

Visiblement mal à l’aise, le ministre Barrette et le président du Collège des médecins, Charles Bernard, ont expliqué que cet enjeu serait soulevé plus tard « dans les lignes directrices » portant sur « la mise en application » des nouveaux règlements.

À discuter plus tard

« Ce qu’on veut éviter, c’est qu’il y ait des gens qui partent tout seuls, qu’après ça ils savent plus quoi faire et qu’ils partent dans une mauvaise direction », a dit le Dr Bernard. Au minimum, l’infirmière devra communiquer avec un médecin partenaire après avoir fait son diagnostic, a-t-il expliqué. Quant à savoir si le patient devra rencontrer le médecin après avoir vu l’infirmière, cela sera discuté plus tard, a-t-il dit. « Ça va encore évoluer, ce n’est pas coulé dans le ciment. […] S’il vous plaît, laissez l’évolution se faire. »

Le ministre Barrette a par la suite invité les journalistes à mettre l’accent sur les aspects positifs de l’annonce. « Ce n’est pas ça qui m’a été demandé. Ce qui m’a été demandé a été présenté aujourd’hui et c’est une bonne nouvelle. »

À une journaliste qui lui demandait pourquoi on avait mis 12 ans à faire ces concessions aux IPS, M. Barrette a rétorqué : « Vous pouvez écrire un article négatif sur le passé. Je vous suggère d’en écrire un positif pour le futur. »

Le gouvernement Couillard dit vouloir accélérer le déploiement des IPS dans le réseau. On en recense 475 à l’heure actuelle alors que la cible est d’en compter 2000 d’ici 2024-2025.