Des urgences sous pression en Montérégie

Le virus de souche B circule en ce moment, alors qu’il cogne habituellement à nos portes plus tard en saison, après le virus de souche A.
Photo: iStock Le virus de souche B circule en ce moment, alors qu’il cogne habituellement à nos portes plus tard en saison, après le virus de souche A.

Les urgences des hôpitaux débordent toujours en ce début de retour au travail pour la majorité des Québécois. Les taux d’occupation des civières ont continué lundi de dépasser les capacités des établissements de santé dans la majorité de la province, après une légère amélioration durant la fin de semaine.

Seules cinq régions administratives, les cinq moins peuplées du Québec, affichaient lundi une occupation moyenne inférieure à 100 %. Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) attribue la situation en partie à l’activité grippale qui grimpe depuis deux semaines, mais aussi aux cas de gastro-entérite.

La situation demeure critique particulièrement en Montérégie, où deux urgences dépassent le double de leur capacité.

À l’hôpital Honoré-Mercier, le taux d’occupation a de nouveau passé la barre du 200 % ce lundi, à l’instar des journées de jeudi et de vendredi derniers. À l’hôpital Pierre-Boucher, ce sont 21 patients qui avaient passé plus de deux jours sur des civières et 37 patients plus de 24 heures.

L’interdiction de se présenter avec des accompagnateurs restait ainsi en vigueur, à l’exception des enfants, des personnes atteintes d’un déficit cognitif ou de celles dont la condition est instable ou en phase terminale.

L’hôpital Anna-Laberge ne dérougit pas non plus depuis mardi dernier, avec une occupation de 217 % affichée lundi dans le rapport du MSSS diffusé quotidiennement. Malgré ce taux, la « clinique de grippe » ouverte la semaine dernière pour pallier ce trop-plein est fermée depuis samedi.

Le nombre très élevé de cas de grippe chez les patients de ce centre hospitalier situé à Châteauguay avait en effet justifié l’ouverture d’une première « clinique de grippe » la semaine dernière à Delson, en Montérégie. Le MSSS n’a pas été en mesure de préciser au Devoir les circonstances de cette fermeture.

« Il faut que ça atteigne un certain seuil », a affirmé Marie-Claude Lacasse, responsable des relations de presse.

Elle explique que d’autres voies sont généralement étudiées pour désengorger les urgences, comme admettre les patients plus rapidement sur les étages, plutôt que de les laisser à l’urgence.

À l’échelle de la province, la situation n’est du reste pas considérée comme « exceptionnelle par rapport aux années antérieures », précise Mme Lacasse.

Bond ailleurs au Québec

Plusieurs hôpitaux ont aussi vu leurs salles d’attente se remplir davantage en ce début de semaine. L’achalandage a notablement bondi au Centre hospitalier de Granby, passant à un taux de 175 % lundi, contre une moyenne de 130 % la semaine dernière.

Le centre hospitalier du Centre-de-la-Mauricie, à Shawinigan, était également plus débordé qu’auparavant. Aucun patient n’y était cependant demeuré sur une civière plus de 48 heures.

Le débordement était plus critique encore à l’hôpital Sainte-Croix, à Drummondville, avec une occupation de 179 % des civières, et 115 visites pour la seule journée de dimanche.

À Montréal, les urgences étaient aussi sous pression, avec une occupation moyenne tout de même en baisse à 116 %. L’achalandage demeurait important à l’Hôpital général juif (168 %), à l’hôpital de Verdun (165 %), à l’Hôpital général du Lakeshore (148 %) et à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont (148 %).

Dans la Capitale nationale, sept des treize urgences dépassaient leur capacité d’accueil. Cas de figure semblable dans les Laurentides où la majorité des centres de santé d’urgence étaient débordés.

Fait inusité, le virus de souche B circule en ce moment, alors qu’il cogne habituellement à nos portes plus tard en saison, après le virus de souche A.

Ce sont 737 cas d’influenza A et 352 cas d’influenza B qui ont été confirmés en laboratoire pour la semaine se terminant le 30 décembre, ce qui ne représente qu’une petite partie du nombre réel de malades.

L’Agence de santé publique du Canada avait déjà signalé au début décembre que la saison grippale s’annonçait intense cet hiver. Le nombre d’hospitalisations liées à la grippe chez les adultes, ainsi que les consultations dans les cabinets de soins de première ligne étaient déjà plus élevés avant la période des fêtes.